Précisions sur le CIBLAGE CNAM des médecins pour la campagne 2026/2027

Selon la CNAM cette nouvelle campagne devrait concerner des médecins déjà « accompagnés » sans évolution significative de leurs prescriptions,  mais il s’avère que cet « accompagnement » peut avoir été réalisé la plupart du temps simplement par un(e) DAM !

On peut en effet discuter de la compétence de ces délégués pour échanger sur la justification médicale des arrêts de travail. Et on ne saurait trop conseiller aux médecins de n’accepter cet « accompagnement » que par un confrère médecin conseil.
Attention, souvent les DAM n’osent pas clairement dire le motif de leur visite !

Seraient exclus les profils « trop atypiques » :    

  •  Ceux à faible activité, avec une file active de patients dont ils sont le Médecin traitant (MT) inférieure à 250 patients.
  • les médecins âgés de plus de 75 ans,
  • Ceux déjà placés sous MSO en 2025,
  • Ceux nouvellement installés (après le 01/01/2026),
  • Ceux qui ont été contactés en 2026 (afin d’observer si l’accompagnement a été efficient).

Pour cette campagne 2026 / 2027 la CNAM aurait affiné les critères de comparaison de ses profils. Les médecins se verront appliquer un coefficient de standardisation : nombre d’IJ par patient actif,  et les 10% les plus « actifs » seront ciblés, soit 650 médecins sur la France.
Le nombre d’IJ par patient actif est malheureusement une donnée absente du RIAP qui ne donne que le nombre global des IJ, celui par patient et le pourcentage d’actifs ayant bénéficié d’IJ !

Les critères de standardisation pour comparer les médecins sont :

  • L’indice de défavorisation de la patientèle (revenus, diplômes), sachant toutefois qu’avec la pénurie, les patients viennent parfois de loin, voire d’un autre département,
  • La zone d’exercice, avec la même remarque que supra,
  • Les critères d’âge, sans que l’on sache exactemet comment ils sont pris en compte : un médecin traitant plus d’enfants et de retraités est « avantagé » n’ayant pas à leur prescrire des IJ.
  • Celui de genre, sans que l’on sache exactement comment il est pris en compte,
  • Le nombre de patients bénéficiant de la C2S, et j’ai autrefois démontré en région AuRA sur une vaste étude statistique menée avec l’URPS médecins que cela avait une influence statistiquement significative sur la prescription d’IJ.
  • Les ALD cancers sont exclus.

Elle obtient ainsi 32 groupes et calcule le taux d’IJ attendues.

Il serait intéressant de savoir comment sont pris en compte les critères d’âge sachant qu’ils influencent la prescription d’IJ (les moins de 16 ans et les retraités ne nécessitent pas d’IJ), en revanche la tranche d’âge 60-69 ans concerne des patients « usés » nécessitant beaucoup plus d’IJ.
On peut également constater que la typologie d’exercice n’est pas prise en compte bien qu’elle influence la prescription d’IJ: participation à la PDSA, accueil des urgence, consultation en accès libre avec des accès hors parcours de soins.
Il est également important de connaître le ratio d’IJ en relation avec les régimes MALADIE et AT/MP, afin de tenir compte de la responsabilité directe des employeurs dans la prescription d’Ij par les médecins.

Enfin nous aimerions savoir si la CNAM travaille sur les données totales inter régimes, ou partielles: quid des SLM, de la MSA …