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Réinfections COVID et arrêt de travail

Publié le 29 avril 2022, par Richard TALBOT (Admin)

Ceux d’entre vous qui ont été confrontés au problème, soit pour eux-mêmes, soit pour leurs patients, ont pu s’en rendre compte : il est impossible de déclarer une réinfection Covid moins de 60 jours après un premier épisode, ou du moins il est impossible de bénéficier d’un arrêt de travail dans les mêmes conditions, c’est-à-dire sans délai de carence et en auto-déclaration avec possibilité de rétroactivité au début des symptômes sur declare.ameli.fr.

En cause une lecture (trop) stricte et à mon sens erronée de la définition des cas selon Santé Publique France.

En effet dans ce document (qui date quand même du 21/01/2021, ce qui représente une éternité pour un nouveau virus sur lequel on apprend encore tous les jours) on retrouve cette notion de 2 mois pour les cas-contacts :

Contact à risque négligeable :
Toute personne ayant un antécédent d’infection par le SARS-CoV-2 confirmé par amplification moléculaire (RT-PCR, RT-LAMP), test antigénique ou sérologie datant de moins de 2 mois1

avec cette petite note en bas de page :

1 Il s’agit du délai durant lequel le risque de réinfection par le SARS-CoV-2 paraît négligeable à ce jour. Il pourra évoluer en fonction des informations disponibles.

La CNAM a donc fait sienne cette notion, et puisque le risque de réinfection est négligeable pendant 2 mois, a décidé qu’on ne peut pas bénéficier d’un nouvel arrêt de travail Covid durant ce laps de temps.

Mais c’est le seul endroit où cette notion de 2 mois apparaît : elle n’existe en fait dans AUCUN texte réglementaire.

Mieux même, dans le même document qui sert de référence à la CNAM, on trouve dans les définitions des cas avérés :

Cas confirmé

Toute personne, symptomatique ou non, avec un résultat biologique confirmant l’infection par le SARS-CoV-2, par amplification moléculaire (RT-PCR, RT-LAMP), par test antigénique ou sérologie (dans le cadre d’un diagnostic de rattrapage, conformément aux recommandations de la HAS).

Par conséquent, un patient avec un test positif EST un patient infecté, sans notion de temps minimal entre 2 infections.

Ce point est d’autant plus important que le rapport de février 2022 de Santé Publique France sur les réinfections fait état de plus de 500 000 cas de réinfections, avec une augmentation rapide depuis l’émergence d’Omicron, et une prévalence chez les soignants 2 fois plus importante que dans le population générale, même si n’ont été prises en compte que les réinfections plus de 2 mois après une première infection.

On sait pourtant bien maintenant que le délai peut être bien plus court, le record à ce jour étant de 20 jours seulement ! Il a nettement diminué depuis l’émergence des différents variants Omicron, ce qui est attesté par des PCR avec criblage qui authentifient deux infections différentes à moins de 2 mois de distance.

Il serait donc judicieux que la CNAM revoie sa politique actuelle, qui semble injuste et contre-productive : en effet un salarié ou un soignant libéral qui ne peut bénéficier de l’intégralité de ses droits de congés maladie pourrait choisir de ne pas s’arrêter, ce qui augmente fatalement le risque de dissémination virale, ce qui, dans le cas de soignants, est particulièrement malheureux puisqu’ils se trouvent au contact de populations fragiles.

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