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Prescription électronique : la charrue avant les bœufs.

Publié le 20 novembre 2020, par Richard TALBOT (Admin)

En pleine crise COVID, alors que nous pourrions penser que les médecins, les pharmaciens, et le ministère de la Santé auraient d’autres préoccupations, nous avons découvert l’ordonnance du 18 novembre 2020 rendant obligatoire pour au plus tard le 31 décembre 2024 la dématérialisation et la transmission électronique des prescriptions médicales. 

Il y avait probablement urgence à ainsi légiférer avec 4 ans d’avance, alors qu’une commission réunissant la CNAM, les médecins, les pharmaciens et les éditeurs planche sur le sujet depuis plusieurs années, mais n’a pas encore rendu ses conclusions, que donc ni les logiciels, ni les infrastructures, ni les processus de sécurisation ne sont en place, alors que tout le monde (sauf le Ministre de la Santé) a actuellement bien d’autres chats à fouetter. 

Et que prévoit donc cette ordonnance ?

La CNAM promue maître d’œuvre conçoit et met en place (article L 4071-5) les téléservices (article L 4071-3) que devront obligatoirement utiliser les prescripteurs (articles L 4071-1 et 2), donc pas seulement les médecins, pour prescrire de façon dématérialisée.

On y apprend donc

  • que la CNAM change de métier, devient concepteur informatique de service de téléprescription ;
  • que tout dépendra d’un téléservice, ce qui ne rassure pas quand on évoque la fréquence de l’indisponibilité d’Espace(Pas)Pro ;
  • que les prescripteurs en zone blanche ou grise vont avoir bien des soucis ;
  • qu’on n’a évidemment pas prévu le cas des visites à domicile ;
  • que le DMP visiblement sera totalement shunté dans l’histoire, ce qui est dommage pour un "outil" qui a déjà coûté si cher ; il est vrai aussi qu’il reste toujours assez peu fonctionnel …

Et ce qu’on ne sait pas c’est :

  • obligation ou non d’imprimer l’ordonnance, pour que le patient puisse savoir ce qu’il doit prendre ;
  • comment se passeront les prescriptions d’imagerie, de soins infirmiers, de rééducation ;
  • comment le pharmacien ou le destinataire final de la prescription la récupère-t-il ?

Mais on sait que les prescriptions faites et exécutées en établissement de soin n’auront pas à transiter par ce service. Dommage on a failli avoir encore plus kafkaïen !

Bref on sait juste que ce sera obligatoire, mais pas comment ça se passera, ni ce que l’obligation couvrira. Ni évidemment s’il est prévu une quelconque aide de la CNAM aux libéraux pour ainsi changer de paradigme.

Mais pas de panique : rappelons-nous qu’en 2004 le DMP devait être généralisé et obligatoire pour tous … en 2008 ;-) 

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