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Sur la hausse du numerus clausus pour lutter contre la pénurie de médecins

Publié le 6 décembre 2011, par Jean-Paul HAMON

C’est un effet d’annonce de plus ! Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, sait bien que de toute façon, une telle annonce ne portera ses fruits que dans 10 ans. Et surtout, la hausse du numerus clausus – nombre limite de candidats admis, ndlr – ne réglera absolument pas le problème de la démographie médicale.

Augmenter le numerus clausus ne sert à rien. Nous avons en France suffisamment de médecins. Augmenter le numerus clausus ne sert à rien dans la mesure où les jeunes médecins ne s’installeront pas en médecine libérale. Les derniers chiffres en attestent : ils s’installent de moins en moins parce que la médecine libérale est de moins en moins attractive. Elle n’attire plus. En 2006, sur 100 médecins diplômés, 14 seulement s’installaient en libéral ; 9 sur 100 en 2009 et 7 sur 100 en 2011.

L’urgence n’est donc pas à augmenter le numerus clausus mais à rendre l’attractivité à la médecine libérale. Pour valoriser la médecine libérale, il faut d’abord faire connaître aux étudiants, le plus tôt possible dans leurs études, la médecine libérale. Ca commence à se mettre en place avec des internes en stage chez des généralistes. Mais cela n’existe pas pour la médecine spécialisée.

Le paradoxe c’est qu’on enseigne la médecine libérale à l’hôpital. Les hôpitaux veulent garder les internes parce que ce sont eux qui les font marcher. Et ils les font marcher à des salaires bien inférieurs à ce qu’ils devraient être.

Rendre l’attractivité à la médecine libérale, c’est amener les rémunérations des médecins au niveau de la moyenne européenne – 6 000 €/mois pour 56 h de travail hebdomadaire, avant impôt -. C’est aussi permettre aux médecins libéraux de travailler dans les mêmes conditions que leurs confrères européens : la moyenne européenne est à 2,4 salariés par médecin libéral ; en France, on est à 0,4 salarié L’accueil des patients s’en ressent forcément.

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