Pourquoi je ferai grève le premier et le deux décembre.

La grève est un droit des personnes qui travaillent, pour faire reconnaître des droits que la négociation n’a pas rendu possibles.

Cela fait 20 ans que les médecins généralistes ne sont pas entendus dans leurs revendications pourtant simples : Avoir plus de moyens pour travailler mieux, pouvoir assumer leurs missions dont le champ s’élargit de jour en jour dans un contexte où leurs partenaires de travail (hôpitaux d’un côté, services d’accompagnement à la personne de l’autre) sont très dégradés, et où leur démographie paie cash les errances politiques de plus de 30 ans.

La grève peut être organisée par les représentations professionnelles, lorsque celles-ci sont fortes et structurées. Ce n’est pas le cas en médecine où, de compromis en passivité, la représentation professionnelle n’est plus au niveau des enjeux de la profession ; elle doit en faire le constat et accepter de ne plus être que l’orchestre sur le pont du Titanic.
La désespérance professionnelle s’exprime autrement, anarchique, corporatiste, parfois incohérente, avec des slogans réducteurs, limités à des revendications tarifaires.
Et alors, est-il impossible à un responsable politique d’entendre au delà de ce discours la violence de la dégradation de notre exercice, et de comprendre que sauver l’hôpital passe aussi par sauver la médecine de ville ?

Le C à 50 euros, c’est certes simpliste, mais c’est nous amener à la moyenne des rémunérations des médecins dans les autres pays comparables, c’est rattraper le retard accumulé sous prétexte que nous serions payés par la sécu, et c’est surtout affirmer qu’on ne peut plus travailler sans avoir les moyens d’embaucher, d’avoir des locaux, des temps de concertation et de formation.
Soit on nous entend, soit la médecine générale va disparaître, remplacée par des solutions technocratiques, qui cocheront toutes les cases, mais ne soigneront pas les patients correctement.

Derrière ce slogan, il y a au moins 5 milliards à mettre sur la table pour faire une réelle réforme de notre exercice, pour les patients et pour nous. Si des avis divergent sur les solutions, parlons-en et bâtissons ensemble notre avenir professionnel.

100 000 façons d’exercer, 100 000 raisons de faire grève, parce que les menaces sur notre avenir le valent bien.