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Point hebdo FMF


par Patricia Lefébure
 

Point Hebdo FMF du 13-07-2014

Publié le : 13 juillet 2014

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Communiqué de la Fédération des Médecins de France
FMF78

dimanche  13 juillet 2014

CONGRES DE LA FMF A  MARSEILLE LES 10 ET 11 OCTOBRE AU PALAIS DU PHARO

Chers amis,

Des médecins m'ayant interpellée sur les 2 bonnes nouvelles de mon dernier Point Hebdo, j'en ai déduit qu'elles nécessitaient des commentaires, et je commencerai par là.

  • Sur le report d'un an pour le dépôt de dossier de travaux pour accès aux handicapés (attention, le décret n'est pas encore sorti), l'on m'a fait remarquer à juste titre, que ce ne devrait pas être une bonne nouvelle pour les médecins. Voici ma réponse, qui doit sans doute refléter la position de la plupart d'entre vous : "Bonjour, je ne sais pas dans quel sens prendre votre réflexion ? Vous voulez dire que reporter d'1 an ne changera pas grand chose au problème qui se reposera à l'identique dans 1 an ? Ou qu'un médecin doit se préoccuper de l'accès de son cabinet à tout public, et que le report est une insulte aux personnes handicapées ? Dans les 2 cas, vous avez raison de toute manière. Et votre remarque me fait dire que j'aurais dû développer. La vraie difficulté est que, comme d'habitude en France, on édicte les lois et des obligations sans réfléchir 1 seconde à leur faisabilité. En l'occurrence, les médecins libéraux se sont tellement paupérisés qu'ils leur est totalement impossible de débourser les énormes frais nécessaires à l'accès tout public. Les seuls endroits où il reste encore quelques médecins sont les centre-villes, où les travaux sont encore plus compliqués et coûteux qu'à la campagne. Alors que croyez-vous que vont faire ces médecins, qui ont en général plus de 60 ans ? S'endetter pour ces travaux ou partir en retraite ?  Evidemment qu'on aimerait avoir des cabinets spacieux et accueillants, bien aménagés, avec du personnel à l'accueil (indispensable pour les handicapés cognitifs ou psychiques par exemple). Mais rien n'est prévu pour cela. On aurait pu prévoir un bonus sur le Cs par exemple, ou un forfait-structure pour accompagner ces professionnels. Mais là, rien. Même le diagnostic, effectué par des sociétés qui, elles, n'ont pas nos scrupules et demandent un prix exorbitant, est obligatoire et à notre charge ! On aurait pu aussi favoriser une mutualisation des cabinets accessibles : les professionnels d'une ville s'organisent pour aller consulter à tour de rôle dans un cabinet aménagé, et chacun participe à son entretien, mais à condition de pouvoir facturer V+MD. Des solutions sont possibles lorsque tout le monde y met de la bonne volonté. Mais hélas, ça n'est pas le cas, les tutelles ne nous parlent que contraintes et obligations. Total, alors qu'on est parti d'une intention louable, et qui a forcément l'agrément de tous, on va se retrouver dans une situation pire qu'avant : au lieu d'avoir des médecins accessibles et d'autres non, on va finir par n'avoir plus de médecins du tout. Est-ce un bien pour la population ? Mais vous avez raison, 1 an de plus ou de moins ne changera pas grand chose..."
  • Et sur les 5 euros de majoration pour les actes auprès des patients > 80 ans, j'ai omis de rappeler qu'ils n'avaient été obtenus dans l'avenant 8, qu'au prix d'une baisse tarifaire de nombreux actes de radiologie. Or il n'y a pas que les radiologues à souffrir de cette décote. Certaines spécialités, comme la gynécologie médicale ou la rhumatologie, déjà en bas de l'échelle des revenus, ont vu également leurs revenus bien amputés par cette mesure. Donc non, ce n'est pas une bonne nouvelle non plus pour la profession.

 

Je vais essayer cependant de rester optimiste en vous rapportant les 2 réunions qui ont eu lieu le 09 juillet.

  • La première portait sur l'exercice interprofessionnel. C'est-à-dire entre les généralistes et les para-médicaux. Vous verrez sur le diaporama de M. Van Roeckeghem clairement écrit qu'on devait "favoriser l'ambulatoire". Ce que la FMF ne cesse de déclamer sur tous les tons. L'autre motif de satisfaction est qu'une rémunération de coordination serait versée à tout professionnel de santé engagé dans la coordination des soins, et pas seulement réservée aux Maisons ou Pôles de Santé officiellement reconnus. La FMF reste malgré tout inquiète, comme l'exprime notre président Jean-Paul Hamon, car jusqu'à présent aucun budget n'est proposé, et il est bien spécifié que la rémunération se ferait "dans le respect de l'ONDAM" (Objectif National des Dépenses de l'Assurance Maladie), donc sans marge de manoeuvre. Comme toujours, les tutelles voient les économies qu'elles pourraient réaliser en supprimant des journées d'hospitalisation, mais ne voient pas le travail supplémentaire demandé de ce fait aux libéraux. Gérer un patient âgé polypathologique juste après une intervention n'a rien à voir avec une consultation après séjour prolongé à l'hôpital suivi d'une rééducation en centre spécialisé.
  • La deuxième réunion a eu lieu au Ministère, et visait à présenter la future loi de santé de MariSol Touraine. Je vous avais parlé de son discours de présentation, voici maintenant quelques précisions. Les points intéressant les médecins libéraux sont  : 1) les ARS auront le pouvoir de décliner sur un territoire des actions de coopération interprofessionnelle sans forcément copier sur un modèle national. Mais ne pourront pas agir sur les rémunérations. 2) il y aura 2 N° d'appel nationaux d'urgence : le 15 pour les urgences graves, et un autre pour les soins non programmés aux horaires de la Permanence Des Soins (PDS). La FMF a milité pour cela, afin que la régulation de la PDS ambulatoire ne soit pas aux mains des hospitaliers du SAMU. Personnellement, je pense qu'il est plus simple pour les patients de ne retenir qu'1 seul N°, et plus sûr pour un régulateur libéral de ne pas risquer de recevoir d'appels vitaux de la part de patients qui n'auraient pas su discerner la gravité de leur situation. 3) les parents devront choisir un médecin traitant pour leurs enfants. C'est une demande forte du syndicat MG-France. Mais il n'est prévu ni rémunération médecin traitant pour les enfants, ni accès privilégié au médecin traitant en 1er recours. Cela restera donc une simple formalité, sans aucune conséquence. Pourquoi alors se compliquer l'existence avec encore des formulaires supplémentaires. Et comment choisir un médecin dans le cas de parents divorcés ? 4) il est prévu d'instaurer des "plate-formes territoriales d'appui pour les parcours complexes". Leur rôle serait d'organiser les prises en charge et d'orienter les patients complexes entre les différents intervenants. En quelque sorte, le concept de "réseau" généralisé. Il faut voir comment ce sera organisé. 5) enfin, apparaît la notion de "Service Territorial de Santé au Public" (STSP). Le principe est de définir des territoires, sur lesquels seront organisés essentiellement les soins de proximité, la PDS, la prévention, la santé mentale, et l'accès handicapés. Plutôt une bonne idée à priori, cela permettra de personnaliser les diktats venus de Paris. Mais sa mise en application me laisse dubitative : comment définir un territoire uniforme pour tous les thèmes ? Quelles seront les obligations pour les médecins  libéraux ? Y aura t'il des contrats à signer ? Et qui les signera ? Les médecins individuellement, les URPS ? Apparemment l'accent est surtout mis sur les établissements hospitaliers qui devront élaborer des projets cohérents entre eux sur un même territoire. Ca, c'est une bonne chose, mais la place des établissements privés reste à déterminer dans ce schéma. A suivre ...

Voilà, ce paragraphe était un peu long à lire, mais tous les enjeux pour les libéraux dans la future loi de santé sont résumés ici. Et ce sont sur ces thèmes que vont porter les négociations.
Maintenant, on est bien d'accord : on est très loin du grand soir de la médecine libérale, et du "plan Marshall" réclamé depuis 3 ans par la FMF, absolument nécessaire pour préserver la médecine de proximité, personnalisée, que sont en droit de réclamer les patients. En lisant cela, on se dit hélas, que la désertification médicale va continuer
inexorablement ...

  • Une perle pour finir. Elle nous vient de l'ineffable Catherine Lemorton, responsable des affaires sociales à l'Assemblée Nationale (et non sénatrice comme je l'avais écrit la dernière fois), et qui a sans doute décidé de se racheter de ses insultes en nous faisant rire. Lors de l'audition de Jean Debeaupuis, Directeur de la DGOS, qui expliquait que la garde de ville en nuit profonde s'avérait peu pertinente car on comptait en moyenne 1 acte par nuit, elle ose lui rétorquer en le regardant droit dans les yeux que ça n'a pas de sens, car "tous les mathématiciens vous le diront, 1 ne peut pas être une moyenne." Tous les autres chiffres, oui, mais 1, non, Mme Lemorton décrète que ce ne peut pas être une moyenne. J'aurais bien aimé savoir ce qu'a pensé le polytechnicien M. Debeaupuis en entendant cet argument magistral. La même chose que vous sans doute ...

Je vous souhaite néanmoins un très bon week-end prolongé, et pour certains de bonnes vacances.

N'oubliez pas votre cotisation FMF pour 2014, et de vous libérer pour venir à Marseille

les 10 et 11 octobre

(Inscription à la Convention de la FMF de Marseille).
 
 

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