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Le printemps des bottines ou quand la gauche française est à côté de ses pompes

Publié le 20 avril 2014, par Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP

En mars 1991 Rolland Dumas, ministre des affaires étrangères de François Mitterrand, de surcroît futur président du Conseil Constitutionnel (1995 à 2000), se voit offrir - il affirme l’avoir remboursée - une 1è paire de bottines du célèbre chausseur parisien Berluti par sa compagne Christine Deviers-Joncour. Elle renouvellera ce présent au mois d’août pour un coquet total de 24 000 F de l’époque (soit près de 3 700 € actuels). Cet épisode représentera le volet people de l’affaire "Elf" qui va ternir la fin de carrière de ce haut personnage de la République même si la cour d’appel de Paris en janvier 2003 le relaxera en considérant seulement blâmable le « comportement de Roland Dumas qui ne s’est pas éloigné de son entourage quand il a connu les faits qualifiés de délictueux par la cour ». 

Aujourd’hui c’est le plus proche conseiller du Président de la République, Aquilino MORELLE qui se prend les pieds dans le tapis avec un nouveau scandale parti de ses chaussures, apparemment nombreuses et précieuses, au point qu’il les faisait entretenir à l’Elysée même, par un cireur professionnel. En tant que haut personnage de l’état, il bénéficiait pourtant sur son lieu de travail, du « cirage de pompes  » gratuit et régulier :-) de la part de la classe politique, et la prudence lui recommandait de réserver cet entretien au cadre privé !

Il s’était également érigé en grand pourfendeur des conflits d’intérêts, notamment dans l’affaire du MEDIATOR, alors que lui même conseillait autrefois un laboratoire pharmaceutique parallèlement à ses activités à l’IGAS, mais cela « c’était avant » a déclaré le Président de la République ! Cela n’en demeure pas moins un conflit d’intérêt majeur que le Docteur Aquilino MORELLE aurait omis de déclarer à son employeur d’alors, l’IGAS.

Faites ce que je dis mais pas ce que je fais, voilà ce qui irrite particulièrement les français ! La «  France d’en bas  » cire elle même ses chaussures et la « fracture sociale  » se situe entre ceux qui les cirent et ceux qui le font faire par les autres !
La déception des français est à la hauteur de l’espoir qu’ils avaient placé dans la nouvelle gouvernance affirmée avec force et martelée par la célèbre anaphore présidentielle qui promettait une République irréprochable. Sauf que les scandales Cahuzac et Morelle (2 révélations de Médiapart) sont passés par là. Les français découvrent qu’ils ont été bernés par les promesses de changement. «  Le changement c’est maintenant » ânonnait l’équipe de campagne de François Hollande, mais ils assistent à la continuité, aux mêmes petits arrangements entres copains, «  les copains et les coquins » dirait mon ami chirurgien pédiatre Patrick CARLIOZ «  Du syndicalisme à la convention  » (http://www.carlioz.info) et sur Mediapart, ici.

Mais cela fait des siècles que cela dure et les fastes de la République n’ont rien à envier à ceux de la Royauté, comme si la révolution de 1789 n’avait servi à rien, ou juste à changer l’appellation du monarque.

Comment les français pourraient-ils accepter la même semaine «  le tour de vis » annoncé par le Premier Ministre et l’étalage du train de vie de responsables politiques qui leurs disent en même temps avoir compris ceux qui souffrent ? Ils sont d’autant plus révoltés qu’il s’agit d’un gouvernement se revendiquant de la gauche, de Jaurès et de Mendes France, d’un gouvernement qui prétend défendre les plus faibles , qui prétend que « son ennemi est la finance » mais dont les actes sont à l’opposé des mots :
«  La vérité, c’est le premier principe de la démocratie. Je dirai donc la vérité aux Français... Trop de souffrance, pas assez d’espérance, telle est la situation de la France. Et c’est conscient de cette réalité que je me présente devant vous. Les Français nous regardent. Ils attendent beaucoup de nous. Et mon devoir, c’est de me hisser à la hauteur de leurs exigences. Par leur vote ou leur abstention historique lors des dernières élections municipales, ils ont dit leur déception, leur doute, leur mécontentement et parfois leur colère... » vient de nous dire le Premier Ministre !

Il est manifestement évident qu’ils n’ont rien compris et les prochaines élections de mai devraient venir le confirmer. Faudra-t-il une nouvelle révolution pour rapprocher nos "élites" du peuple français, pour que la République abandonne ses fastes dispendieux, pour que nos politiques cirent eux-même leurs pompes ?

Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP Lyon 3è

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