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Le bon sens existe-t-il Avenue de Ségur ?

Publié le 23 février 2021, par Richard TALBOT (Admin)

Nous nous étions réjouis de voir les médecins libéraux pouvoir participer à la vaccination dans les cabinets avec la mise à disposition (enfin) du vaccin Astra-Zeneca.

Nous nous étions aussi réjouis de la possibilité de pouvoir (enfin) établir des prescriptions de transport vers les centres de vaccination pour les patients incapables de se déplacer seuls.

Mais l’amour de la bureaucratie idiote et de la complexité pour elle-même a encore frappé au Ministère de la Santé Avenue de Ségur !

Pour la mise à disposition des vaccins Astra-Zeneca ce sont à la fois les médecins libéraux et nos amis pharmaciens qui sont impactés par cette lubie de la DGS, plus vexatoire que véritablement fondamentale : il ne suffit plus d’appeler la pharmacie (qui rappelons-le doit être unique pour chaque médecin) en lui indiquant la quantité de flacons souhaitée et son numéro RPPS, mais il faudra impérativement pour la délivrance et la rémunération du pharmacien une prescription écrite !

On se demande à quoi rime cette vexation inutile. Soupçonnerait-on médecins et pharmaciens de se livrer de concert au trafic de vaccins ?

Pour les prescriptions de transport c’est nettement plus grave, car le texte est vidé de son sens.

Le décret du 18 février 2021 prévoit bien à l’article 2 que :

 pour les personnes se trouvant dans l’incapacité de se déplacer seules, le transport par ambulance ou le transport assis professionnalisé entre leur domicile et le centre de vaccination contre le SARS-CoV-2 le plus proche est intégralement pris en charge par les régimes obligatoires de l’assurance maladie sur prescription médicale préalable et dans les conditions prévues au 2° de l’article L. 160-8 du même code. Cette prise en charge est assortie d’une dispense d’avance de frais.

mais son intérêt est (plus que) limité par le renvoi qu’il fait au décret du 8 janvier 2021 qu’il modifie et qui précise :

 Les dispositions des articles 1er, 2,3,4,5,7,9, 10 et 10 bis s’appliquent jusqu’au 31 mars 2021 inclus.

Donc pour des patients par définition invalides, pour lesquels on n’a encore pas pris de rendez-vous puisque rien n’était prévu, et alors que les plannings des centres sont archi-blindés, il faudrait s’arranger pour leur trouver à tous DEUX rendez-vous espacés de 3 à 4 semaines mais contenus dans un intervalle de 5 semaines ? Autant dire que c’est impossible, et que cette "disposition" n’est en réalité que de la poudre aux yeux et un effet d’annonce sans aucune utilité pratique, sauf pour quelques patients.

Et pour les invalides de la tranche 65-75 ans, qui ne pourront pas être vaccinés avant début avril, la possibilité n’existera plus.

Enfin, petite épine irritative supplémentaire, l’utilisation du téléservice AmeliPro (aussi peu ergonomique soit-il) n’est pas possible : 

La prescription médicale de transport est établie exclusivement sur support papier :
 - la rubrique : « Dans quelle situation permettant la prise en charge du transport se trouve le patient ? » ne sera exceptionnellement pas remplie et devra être barrée ;
 - la rubrique : « Quel trajet doit effectuer le patient ? » devra indiquer en clair « centre de vaccination » et son adresse.

Et gardez bien à l’esprit qu’il y a au Ministère de la Santé de hauts fonctionnaires, visiblement totalement déconnectés de la réalité du terrain, et payés très (pour ne pas dire beaucoup trop) cher pour rédiger des inepties destinées à pourrir la vie des libéraux déjà bien compliquée par le contexte sanitaire.

M. Veran, M. Fatome, y en aura-t-il un pour remettre un peu d’ordre et de bon sens dans cette non-gestion kafkaïenne ?

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