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Histoire de masques

Publié le 26 mars 2020, par Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP

Face à la pénurie de cette protection indispensable au cours de l’épidémie de Coronavirus Covid-19, les responsables politiques se sont succédés devant les médias assénant leurs « vérités  » plus destinées à couvrir la carence des pouvoirs publics qu’à expliquer le rôle et l’utilisation de ces dispositifs indispensables aux professionnels de la santé et du médico-social comme les aides ménagères.

La transmission des pathogènes par voie aéroportée fait appel à différents mécanismes ce qui conditionne l’utilisation des moyens de s’en protéger :

  • La transmission par « postillons » salivaires (et autres gouttelettes),
  • La transmission par « aérosol »,
  • Voire les 2 associés

La transmission par gouttelettes de salive a lieu lors de la parole, la toux, l’éternuement …Il s’agit de particules d’une taille > 5µ (soit 1/1000 de mm) qui chutent rapidement dans l’environnement immédiat du malade (moins de 1 mètre) mais peuvent entrer en contact avec les muqueuses (oro-pharyngées : lèvre, bouche…ou oculaires) d’un sujet se trouvant dans le périmètre de contamination (moins de 1 m). S’y associe donc une transmission par contact des surfaces et objets souillés comme les plans de travail, poignées, boutons, barres de maintien… (il s’agit d’une contamination puis d’une transmission manu-portée).
C’est le mode de transmission du Coronavirus Covid-19 (SARS-CoV-2) mais aussi d’autres virus comme le VRS (Virus respiratoire Syncytial), les virus Influenza A et B (grippe) ou des bactéries comme le méningocoque.
La protection repose sur les mesures « barrière » lavage régulier des mains, désinfection des surfaces et objets souillés, port du masque de type « chirurgical » pour les malades (qui bloque les gouttelettes) à condition de le changer régulièrement (l’humidité diminue la protection) et du masque de type FFP2 pour les soignants associé à des lunettes protectrices, de sur blouse, de charlotte, de gants…

La transmission de fines gouttelette par « aérosol » < 5µ (on parle de droplet nucléi) qui sont propulsées par la toux et peuvent être véhiculées par l’air ambiant, la poussière contaminée… sur de longues distances. La contamination se fait dans ce cas par inhalation.
C’est le mode de transmission de pathologies bacillaires comme la tuberculose mais aussi virales comme le VZV (Varicella-Zoster Virus), ou le MV (Measles Virus) Paramyxovirus de la rougeole.

Le port des masques de protection doit aussi tenir compte de ces modes de transmission sachant qu’il existe 2 types de masques :

  • Les masques chirurgicaux,
  • Les masques de protection respiratoire ou FFP (Filtering Facepiece Particules ou masque filtrant les particules) de type 1, 2 ou 3 en fonction de leurs performances. Et contrairement à ce qui est souvent précisé, le masque chirurgical n’est pas un masque FFP1.

Le masque chirurgical est un dispositif médical (DM) de classe 1 dont la conformité doit être certifiée par un marquage CE sur l’emballage. Ces DM relèvent de la DIRECTIVE 93/42/CEE DU CONSEIL du 14 juin 1993 relative aux dispositifs médicaux (JO de la CE L 169 du 12.7.1993)
Il est efficace de l’intérieur vers l’extérieur pour protéger les autres de celui qui le porte et dans le cas du Covid-19 il convient aux individus susceptibles d’être contaminants. Mais il n’assure qu’une faible étanchéité sur le visage, les fuites variant entre 40 et 100% !
Son efficacité sur la filtration et sa résistance à la projection répondent à des normes précises.

Le masque de protection respiratoire de type FFP (encore appelé « bec de canard ») est un masque pour les soignants ou les personnes en contact étroit avec des individus contaminants. Il protège celui qui le porte des gouttelettes et de la contamination aérienne.
il est filtrant de l’extérieur vers l’intérieur.

Il doit bien s’ajuster au visage pour assurer l’étanchéité que l’on peut visualiser par la dépression à l’inspiration ; cette nécessité de contact étroit avec la peau contre indique le port de la barbe au niveau des joues et du cou. Il bénéficie également d’un marquage CE
Il relevait de la directive européenne 89/686/CEE qui s’appliquait aux EPI (Équipement de Protection Individuelle) qui a été remplacé par le Règlement (UE) 2016/425 — sécurité des équipements de protection individuelle .

Une synthèse ici :
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=LEGISSUM:2403020202_4

Il existe 3 classes de masques protecteurs respiratoires : FFP 1, 2 & 3 en fonction de leurs performances et notamment :

  • De l’efficacité du filtre sur la pénétration maximale avec des particules de 0,6µ exprimée en %,
  • De la fuite maximale totale exprimée en % :
Type de masque
Pénétration Max en %
Fuite Max en %
FFP12022
FFP268
FFP312


Alors quel masque choisir, et pour qui, face au COVID-19 ?

  • Pour la population générale et les PS contaminés qui vont bien, non soumis au confinement : le masque chirurgical,
  • Pour les PS et tous les professionnels qui doivent poursuivre les activités sans courir le risque d’être contaminés : le masque FFP2

Pour être efficaces les masques doivent être placés avec soins  :

  • Bien positionner les élastiques,
  • Ajuster et serrer la barre métallique pince-nez,
  • Bien couvrir la bouche et emboiter le menton,
  • Ensuite ne plus le toucher.

La durée maximum d’utilisation est de 4h environ pour les masques chirurgicaux (fonction de l’humidité) et de 8h pour les FFP2.
Il est conseillé de les retirer en dernier, puis de se laver soigneusement les mains ou d’utiliser une solution hydro alcoolique (HA), et de les éliminer au niveau de la filière DASRI (Déchet d’Activité de Soins à risque infectieux).

Dr Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP, Lyon 3è, élu Ordinal (69), élu URPS médecins (Auvergne Rhône-Alpes, CELLULE JURIDIQUE FMF

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