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Épidémie de Coronavirus

Publié le 12 mars 2020, par Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP

Les propos se veulent rassurants du côté des politiques, mais laissent parfois paraître un certain embarras comme hier au soir le ministre de la santé Olivier VÉRAN face au Pr Éric CAUMES (chef du service des maladie infectieuses à la Pitié-Salpétrière) lors de l’émission sur LCI « La grande confrontation » consacrée à l’épidémie de Coronavirus !

Vous savez « on a le meilleur système de santé au monde » qu’ils disent, mais du côté des médecins, notamment généralistes, on sait aussi que la médecine de ville (par définition hors de l’hôpital) va monter au front avec une protection manifestement inefficace dans certaines situation ! I

lls nous ânonnent la même litanie « du double masque  » (que j’ai rebaptisé le masquage-masqué reprenant un vieux jeu de mots !) c’est-à-dire portée à la fois par le médecin et par le patient qui apporterait une protection aussi efficace qu’un FFP2 sans nous dire comment faire si le généraliste doit ne serait-ce que regarder la gorge du patient, le dentiste faire des soins, ou le gastro-entérologue une gastroscopie ! Tout cela pour faire oublier que la France n’a pas pu ou su renouveler son approvisionnement en masques FFP2. Il serait temps d’oublier la mondialisation, la dépendance à la Chine et les économies de bout de chandelle en ce qui concerne la santé publique (les médicaments, le matériel médical...) ; et en plus on éviterait les transports, les émissions de CO2 qui vont avec et la France ferait reculer son taux de chômage !

Aussi les réactions de médecins et autres utilisateurs du système de soins sont nombreuses sur le site de la FMF et son formulaire de contact normalement dédié à la défense juridique.

Ci dessous celle de Frank Suzzoni :

« Réserver les masques en priorité aux téléconseillers de l’Assurance maladie puis ensuite à ceux qu’on voit le plus à la télé (les politiques et quelques journalistes ?), ensuite aux pharmaciens et aux infirmiers qui s’occupent de ces fameuses odynophagies. S’il reste quelques masques, les répartir entre la réserve sanitaire et finalement quelques MG , ces salauds planqués derrière leur bureau toute la journée à s’enrichir en saignant notre généreux système solidaire.
Derrière cette déclaration provocatrice, je soulève la question : le moment n’est-il pas propice pour faire ressortir que la Médecine n’est pas une émanation de l’Assurance, mais que c’est l’assurance qui a été créée pour faciliter l’accès aux soins. Que c’est la Médecine qui est la première manifestation de la solidarité parce qu’elle est la forme humaine originelle de la préoccupation du vivant pour le vivant ; qu’elle crée, entretient et partage la connaissance pour ce faire.
De même que la suprématie disciplinaire que l’on a attribuée à la caisse d’assurance sur les professionnels a un caractère destructeur parce que sacrilège, on peut voir en ce moment clairement que la Médecine n’est pas un attribut du pouvoir : l’ascendant politique d’un premier de cordée ne lui donne pas la compétence des professionnels dont il doit s’entourer et s’inspirer pour forger une communication de précaution.
Je ne veux pas ici déprécier la pertinence d’une Santé publique ni condamner une difficile gestion de crise, mais la période est peut-être propice à remettre les uns et les autres dans leur importance relative, dans leur place naturelle ?
En cela je me distancie de la formulation de notre regretté Viardot, qui avait créé l’expression "Madame Lacaisse", ce qui tend à lui reconnaître par nature un inéluctable pouvoir sur ceux qui affrontent la réalité quotidienne des difficultés de leurs semblables.
 »
Frank Suzzoni

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