Après la mobilisation, lucidité et unité

Au terme d’un mouvement de mobilisation historique, j’ai le sentiment que nous pouvons, malgré tout, nous réjouir. La ministre de la Santé annonce vouloir faire voter un amendement pour retirer l’article 17 de la loi « anti-fraude » sur les MSO ; elle affirme qu’elle n’utilisera pas les articles pour diminuer les tarifs ; la menace d’amende en cas de non-recours au DMP semble avoir été abandonnée ; l’agitation autour de France Santé paraît désormais appartenir au passé…

Par ailleurs, l’action des médecins libéraux a été plutôt honnêtement relayée dans les médias — peut-être parce que, pour une fois, le débat ne se limitait pas au seul prix de la consultation. J’ai personnellement lu des textes remarquables qui montrent que nous restons reconnus et entendus. Les syndicats semblent enfin capables de se parler dans la durée (!), et la manifestation parisienne a rassemblé plusieurs milliers de médecins — les dernières estimations crédibles évoquent environ 8 000 participants.

Bref, tout cela me laisse un sentiment globalement positif.

Mais il me reste aussi comme un goût d’inachevé.

Sans doute parce que les attaques ont été d’une violence rare, cherchant à nous faire passer pour des rentiers et des fraudeurs. Sans doute aussi parce que, même si la ministre affirme aujourd’hui qu’elle n’utilisera pas telle ou telle disposition, c’est bien elle qui a porté et fait voter ces textes. Et elle voudrait désormais que nous nous contentions de sa parole…

Sans doute enfin parce que les lois qu’ils ont tenté de faire passer s’inscrivent, au fond, dans la même philosophie que la convention qu’ils avaient voulu imposer en 2023 et que les syndicats avaient alors réussi à repousser. Cela signifie que les discussions avec nos CPAM resteront probablement tendues, et que nous ne devons pas nous laisser endormir par des discours de reculade trop apaisants.

Il me vient néanmoins, ce soir, un profond sentiment de reconnaissance envers vous tous. Car il est évident que notre seule véritable force réside dans notre capacité à nous rassembler. Isolés dans nos cabinets, nous serions écrasés sans la moindre vergogne. Continuons donc de rassembler à la FMF spécialistes comme généralistes, car plus nous sommes nombreux et plus notre voix porte!