Comme beaucoup de spécialistes, j’ai longtemps pensé que notre défense reposait avant tout sur nos syndicats de spécialité. Et ils restent indispensables — personne ne connaît mieux nos actes, nos pratiques, nos contraintes spécifiques.
Mais avec le temps, j’ai compris quelque chose : les décisions qui vont vraiment transformer notre exercice ne se prennent pas là. Elles se jouent dans les négociations conventionnelles, dans les URPS, dans les arbitrages sur l’organisation du système de santé. Et dans ces espaces, ce sont les syndicats horizontaux représentatifs qui sont à la table. Si les spécialistes n’y sont pas, d’autres décideront à leur place. C’est aussi simple que ça.
Il existe des syndicats horizontaux qui se revendiquent “syndicats de spécialistes”. Je comprends l’intention. Mais à mon sens, rester entre spécialistes dans un syndicat horizontal, c’est reproduire le même entre-soi — avec moins de légitimité pour peser sur l’ensemble du système. Ce n’est pas comme ça qu’on s’impose dans les grandes négociations. Cela ne veut évidemment pas dire qu’il ne faille pas travailler avec les syndicats de spécialité, bien au contraire — ils apportent une expertise indispensable, et construire des liens solides avec ceux qui souhaitent participer à une réflexion collective reste essentiel.
C’est ce raisonnement qui m’a conduit à la Fédération des Médecins de France. Ce qui m’a convaincu, c’est son identité : un syndicat polycatégoriel, qui ne mâche pas ses mots quand il le faut, mais qui sait être constructif. Pas une posture permanente d’opposition, pas une logique corporatiste — une vraie vision de la médecine libérale dans son ensemble. À la FMF, les spécialistes ne sont pas relégués à une section défensive : on participe aux réflexions de fond, on pèse sur les débats qui nous concernent tous.
Et au quotidien, le syndicat est concret : cellule juridique reconnue, accompagnement sur les questions fiscales et retraite, forum actif, concertations régulières — une vraie communauté entre confrères. Ce n’est pas rien quand on exerce en libéral et qu’on se retrouve souvent seul face à des situations complexes.
À la FMF, 1 adhérent = 1 voix. Pas de logique de notables. C’est un détail qui dit beaucoup sur l’état d’esprit du syndicat.
Je ne crois pas à l’opposition généralistes contre spécialistes. Mais je crois que si les spécialistes restent absents des discussions structurantes, ils risquent de se retrouver réduits à des exécutants techniques dans des organisations pensées sans eux. On le voit déjà dans les orientations politiques actuelles, peu tournées vers les spécialistes.
Je refuse cette trajectoire. Les spécialistes ont toute leur place dans les parcours de soins, dans les territoires, dans la construction du système. Encore faut-il se battre pour l’affirmer — et se donner les moyens de le faire. C’est pour ça que je me suis engagé à la FMF.
Et vous ?
Rejoignez-moi à la FMF !
Dr Florian Coromines
Président FMF-Spécialistes
Notes :
1 — On distingue les syndicats verticaux (ou de spécialité), qui regroupent les médecins d’une même discipline, des syndicats horizontaux, qui rassemblent des médecins de toutes spécialités et défendent la médecine libérale dans son ensemble.
Seuls les syndicats horizontaux participent aux négociations conventionnelles nationales. Parmi eux, certains restent toutefois monocatégoriels — c’est-à-dire qu’ils ne représentent qu’une seule catégorie de médecins — ce qui limite leur capacité à porter une vision globale du système.
2 — URPS (Unions Régionales des Professionnels de Santé) : structures régionales représentant les médecins libéraux auprès des ARS et participant à l’organisation territoriale des soins. Les médecins qui les composent sont issus des syndicats horizontaux de médecins libéraux.