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Trop content d’être salarié depuis que j’ai déplaqué

Publié le 22 mai 2012, par (Mise en ligne PN)

Après 26 ans d’exercice libéral de la médecine générale, le Dr Jérémie Caudin a choisi de dévisser sa plaque.
Une décision motivée par un conflit avec la caisse d’assurance maladie.
Cinq mois plus tard, il exerce en tant que salarié : une renaissance
pour celui qui avait l’habitude de travailler 60 heures par semaine.

 

Le 1ernovembre 2011, le Dr Jérémie Caudin a décidé de dire
stop. Stop à la médecine générale en libéral et ses tonnes de paperasse.
Une décision largement motivée par une mise sous tutelle de trois mois
pour avoir prescrit trop d’actes de kinésithérapie alors qu’il était
spécialisé en traumatologie du sport. Il sera finalement blanchi, mais
cet événement a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Quelques mois plus tard, il décidait de déplaquer.

Vacances et RTT

A 52 ans, le Dr Caudin renaît. Il redécouvre les joies des sorties au cinéma ou les week-end sans compta. « Quand je rentre chez moi le soir, je suis désormais Jérémie Caudin et plus médecin, ce qui n’était pas le cas avant », se réjouit le généraliste.

 

“Avec mon ancien statut, je faisais 40 à 45 actes par jours
cinq jours par semaine, plus les gardes et l’administratif. Aujourd’hui,
je travaille 35 à 40 heures par semaine et si je vais au-delà, j’ai des
RTT. Cela faisait 26 ans que je travaillais, je n’avais jamais eu ça !
Je suis couvert par les assurances de la sécu et j’ai près de 9 semaines
de vacances par an durant lesquelles je continue à être payé !,
 énumère-t-il, enchanté, avant de s’exclamer  : je regrette presque de ne pas être parti plus tôt !" Et si le généraliste gagne moins bien sa vie qu’avant, tout est relatif. “Quand je fais le calcul au prorata du temps travaillé, je gagne autant” comptabilise-t-il.

Bémol

Le Dr Caudin exerce depuis le mois de novembre dernier à l’hôpital de
Berck-sur-Mer. Il reçoit en consultation une grande majorité de sportifs
et travaille dans plusieurs services : rééducation de patients porteurs
de prothèse, amputation, accueil et prise en charge de traumatisés
sportifs...Une activité variée qui épanouit pleinement le généraliste,
à un bémol près : "J’ai l’impression d’avoir déserté. Ce n’est
pas facile de rencontrer des patients dont j’ai soigné toute la famille
depuis plus de 20 ans. C’est cela qui me...
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 manque à l’hôpital, le parcours de soins prolongé des grandes
familles que je pouvais soigner sur quatre générations. Pour nos
patients, on est toujours le meilleur médecin généraliste !"
, soupire Jérémie Caudin.

 

Fasciné enfant par le médecin de famille de ses grands-parents, Jérémie
Caudin, devenu généraliste par vocation, a été déçu de l’évolution du
métier. "J’avais 25 ans lorsque j’ai commencé mes premiers
remplacements. A cette époque, le temps médical était très important et
il y avait très peu de tâches administratives. Ces dernières années,
j’avais jusqu’à 30 % de mon temps dévolu à la paperasse sur laquelle je
travaillais le soir et les week-ends",
s’exaspère le praticien qui se targue, depuis qu’il est salarié, d’avoir “cinq fois moins d’administratif”. Jérémie Caudin regrette aussi la mauvaise image qui colle à la peau des généralistes libéraux, d’après lui “pas assez reconnus”. “Le médecin généraliste doit être un facteur de cohésion sociale, on ne s’appuie plus assez sur eux” ajoute-t-il.

Fidèle

Bien qu’il n’exerce plus la médecine générale, le Dr Caudin reste fidèle à ses confrères. “Aujourd’hui,
je suis très content de mon choix mais je n’oublie pas mes collègues
qui sont sur le terrain. 1 300 généralistes partent à la retraite chaque
année, comment vont faire les autres ?”
, s’inquiète-t-il.

Une crainte qui concerne aussi les patients. “Les médecins trop
débordés ne pourront plus signer de contrat de médecin traitant.
Résultat : la caisse va se remplir les poches parce que les patients
seront moins bien remboursés”
. Selon Jérémie Caudin
pour que la profession redeviennent attrayante, il faut que les MG
arrêtent de perdre leur santé avec une trop grande cadence de travail ”.
Le praticien estime que “60 % des étudiants en médecine générale ne s’installeront pas”, et
cite l’exemple de son cabinet qui n’a toujours pas été repris malgré sa
proposition de céder toute sa patientèle et tout son matériel
gratuitement.

Avec le changement de gouvernement, Jérémie Caudin a un espoir que les
choses s’améliorent, bien que son vœu de voir un médecin généraliste au
ministère de la Santé n’est pas été exaucé. Il souhaite surtout que ceux
qui ont “des vraies idées en économie de la santé soient enfin reçus par le ministère”, soufflant les noms de Xavier Tarpin, Jean-Paul Hamon et Claude Bronner

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