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Sauver des vies en téléphonant à ses patients.

Publié le 18 avril 2020, par Michel Chrétien

Et accessoirement se sauver de la faillite.

Depuis le début de la crise sanitaire, l’État a dû prendre de multiples décisions à tort ou a raison.

L’une d’elle était de limiter les accès aux soins médicaux aux soins urgents.

Les Français ont obtempéré et les cabinets médicaux de généralistes et de spécialistes se sont vidés.

L’État s’est vite rendu compte que ce renoncement massif aux soins était catastrophique.

Il a donc réagi par un message du Directeur Général de la Ganté le 8 Avril, reproduit ci-dessous.

En pratique, il est demandé a tout professionnel de santé, médecin :

  • De prendre contact avec les patients atteints de pathologie chronique les plus fragiles. Ce sont justement ceux-là qui sont perdus de vue. 
  • Par téléconsultation par vidéo ou par téléphone. Donc, oui, une simple communication téléphonique, à l’initiative du médecin, suffit. Si vous ne l’avez pas, le numéro de téléphone du patient (sauf refus) est sur le dernier résultat de biologie.
  • Cette téléconsultation téléphonique est rémunérée, cotée TCG, et prise en charge en EXO 3 donc à 100% par l’AMO. 

Certains ont émis des doutes sur cette nouvelle approche des soins :

  • Est-ce autorisé ? Oui, il s’agit d’un changement de mentalité d’autant plus difficile à faire passer qu’avant, il était déontologiquement "interdit" de contacter les patients. Cela pouvait s’assimiler à de la publicité… Ce qui était interdit devient conseillé. En période de crise, il faut évidement obtempérer aux instructions de l’autorité. Dans la limite du raisonnable : il n’est pas possible de contacter toute sa patientèle en un jour, ni de faire 100 téléconsultations par jour.
  • Est-ce vraiment payé ? Oui, En période de crise, la CNAM va évidement obtempérer aussi aux instructions de l’autorité. TCG à 25 €, remboursé à 100% si tiers payant, mode exonération 3 : soins particuliers exonérés.
  • Est-ce bien accueilli ? Ah oui, les patient(e)s sont ravi(e)s qu’on prenne des nouvelles de leur état de santé. Bien sûr, si besoin, cela peut déboucher sur une consultation présentielle ou une visite.
  • Pour qui ? Pour les médecins généralistes et leurs patients, mais aussi, c’est spécifié, pour les médecins spécialistes qui en ont l’utilité.

Est-ce suffisant pour corriger le manque de soins induit à toute la population française ? En tout cas, l’État a radicalement changé de discours, et insiste dorénavant, sur l’importance de se soigner, COVID ou pas.


[DGS-URGENT] 2020-INF-21 ORGANISATION DES SOINS HORS COVID-19

08/04/2020

Le système de santé est fortement mobilisé depuis le début de l’épidémie pour répondre aux besoins de prise en charge des patients atteints de Covid-19. Cela ne doit pas faire oublier le fait que certains soins et examens doivent impérativement être maintenus, tant en ville qu’à l’hôpital, car ils sont indispensables au regard des besoins de santé de la population. Le recours au 15 pour les urgences courantes doit être rappelé au-delà des urgences Covid-19.

À ce titre, une organisation territoriale visant à assurer les soins essentiels et à assurer le suivi de des patients est mise en place par l’ARS. Une fiche a été élaborée afin d’apporter des orientations générales concernant le maintien du suivi et de la prise en charge des soins hors COVID dans un contexte de confinement et de mobilisation des professionnels de santé pour des prises en charge de personnes atteintes du COVID. Cette fiche est disponible au lien suivant : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/soins-hors-covid-19.pdf

Cette organisation concerne les patients atteints d’une maladie chronique ou de troubles psychiatriques, les femmes enceintes et les jeunes enfants, les personnes nécessitant une intervention chirurgicale urgente mais également les prises en charge médicales qui ne peuvent être différées comme la cancérologie par exemple. Il est nécessaire de communiquer largement auprès de la population afin de rassurer sur le fait que les structures de soins se sont organisées de façon à proposer des circuits de prise en charge dédiés pour les patients Covid+ et ont mis en place des secteurs hospitaliers hors Covid-19. Toutes les précautions sont prises pour que l’accueil des patients non-porteurs du virus se fasse dans les meilleures conditions et que le risque de contamination soit évité. Il ne doit pas y avoir de renoncement aux soins indispensables et nous invitons les médecins à aller au-devant des patients de leur file active pour leur transmettre ce message. Il est important que le médecin traitant ou le médecin spécialiste correspondant habituel prenne contact avec les patients atteints de pathologie chronique les plus fragiles pour s’assurer du suivi et détecter un risque de décompensation de la pathologie. Pour cela, le médecin pourra entrer en contact avec le patient par téléconsultation par vidéo ou par téléphone, et être rémunéré pour cet acte.

Pr. Jérôme SALOMON, Directeur général de la santé

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