Chers amis,
Quels meilleurs vœux aurais-je pu vous offrir pour ce premier Point Hebdo de l’année 2026, que ce beau mouvement unitaire qu’ont su tenir les médecins libéraux ?
L’année 2025 s’était terminée sur un MOBILISONS-NOUS ! C’est ce que nous avons fait. Par un nombre impressionnant de cabinets fermés (plus de 18 000 médecins déclarés « grévistes » sur le site medecinsengreve), de blocs opératoires fermés, de gardes non assurées sauf réquisitions, et pour finir une formidable manifestation parisienne d’au moins 10 000 d’entre nous le 10 janvier, ce qui ne s’était jamais vu.
Il faut dire que nos dirigeants de tous bords, députés, sénateurs, ministres, sans oublier le Directeur de la CNAM, ont tout fait pour nous unir depuis 1 an avec, dans l’ordre d’apparition sur scène :
- La Loi Garot (interdiction de s’installer dans les sites bien organisés en médecins, pourtant plus attractifs) ;
- La Loi Mouiller (laisser ses patients même en zones très déficitaires, pour voir ceux des autres moins déficitaires mais à la campagne, 2 jours par mois) ;
- Le rapport Monet-Rousset à charge contre le secteur 2 ;
- La LFSS (Loi de Financement de la Sécurité Sociale) ayant conservé des articles inacceptables malgré un premier dégraissage par-rapport au projet initial présenté par le gouvernement ;
- Et pour finir la Loi anti-fraude à venir et son article 17 rendant la MSO (Mise Sous Objectifs) obligatoire au bon vouloir de la Caisse.
Le tout sur fond de l’arlésienne 10ème année de Médecine Générale, dont les conditions restent à ce jour tellement déplorables que de nombreux internes vont devoir la passer à l’hôpital faute de maîtres de stage en capacité de les recevoir.
C’est ainsi qu’est née l’intersyndicale constituée des syndicats de médecins installés en cabinets et en établissements, de toutes spécialités, vite rejointe par les syndicats de remplaçants (ReAGJIR), d’étudiants en médecine (ANEMF) et d’internes (ISNI et ISNAR), des Collectifs MPD et Comeli, de Jeunes Médecins, et pour finir de la FHP (Fédération de l’Hospitalisation Privée). Malgré nos divergences de problématiques et parfois d’idéologie, nous avons constaté que nous étions rassemblés par les principes fondamentaux de la Médecine Libérale et avons tenu le cap ensemble dans une belle union professionnelle.
Nous avons pu rapidement observer quelques résultats mais largement insuffisants : disparition des articles sur la collecte des franchises par les professionnels de santé (tellement irréaliste !) puis sur les « amendes-DMP ». Il a fallu la démonstration de force de la manifestation pour recevoir enfin des propositions recevables de la part de notre Ministre Rist. Merci ++ à tous les médecins qui ont fait l’effort de se déplacer malgré les mauvaises conditions météorologiques et les difficultés de transport, nos efforts n’ont pas été vains. Ces propositions figurent sur un courrier reçu vendredi 16 janvier :
- Dépôt d’un amendement pour le retrait de l’article 17 de la loi anti-fraude sur la MSO obligatoire ;
- Engagement à ne pas utiliser l’autorisation de baisser les tarifs sans accord des syndicats et à faire disparaître cette mesure au plus tard dans le prochain PLFSS ;
- Et pour gage de bonne volonté, arrêt de la procédure en cours sur la baisse des tarifs de l’imagerie prévues pour 2026 (mais celles déjà appliquées depuis le 15 décembre persistent).
Nos principales revendications communes sont donc approuvées, à condition évidemment que ces engagements deviennent effectifs (voir communiqué intersyndical). Il reste à voir ce que deviennent :
- La mise en place de l’année Dr Junior. A cet effet, les internes sont invités à une journée de travail lundi 19 janvier ;
- L’article 102 de la LFSS sur le cumul emploi-retraite qui obligerait les futurs retraités à partir de 2027 à travailler bénévolement s’ils ont moins de 67 ans.
Et pour la FMF, deux sujets seront aussi abordés lors d’un entretien avec la Ministre Rist :
- La suppression de l’article 76 de la LFSS sur la disparition du remboursement de toutes les prescriptions des médecins déconventionnés. La FMF réagit en tant que syndicat de médecins libéraux, mais aussi en tant qu’assurés sociaux : comment la constitution française pourrait-elle imposer de payer des cotisations sociales mais refuser à ces cotisants les remboursements des actes et des prescriptions, alors que les patients n’ont plus le choix de leurs médecins au vu de la démographie médicale catastrophique ?
- La place du secteur 2 dans le système de soins français. Je rappelle que la FMF défend un modèle original : le SUHM, Secteur Unique à Honoraires Modulables, qui pose un modèle simple : le médecin a le choix de ses honoraires, dans le respect du tact et mesure, et ne bénéficie des avantages du secteur 1 que sur ses actes facturés aux tarifs opposables.
Mais au-delà de tous ces sujets bien spécifiques, ce beau mouvement unitaire a montré à nos dirigeants que de façon générale il était néfaste de vouloir imposer des mesures sans l’accord des principaux intéressés, en l’occurrence les médecins, et que gouverner à coups d’interdictions et d’obligations sans cohérence ne pouvait qu’amener le chaos. Espérons qu’ils auront compris et que nous pourrons enfin faire évoluer le système de santé dans un esprit constructif.
En attendant, n’oubliez pas de mettre à jour la Nomenclature qui instaure de nouveaux tarifs à partir du 1er janvier, et pour quelques spécialités dont les généralistes, de déclarer vos indicateurs ROSP sur Ameli jusqu’au 8 février.
Je vous souhaite une bonne semaine.