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Les Médecins Libéraux sont mis au coin

Publié le 20 juin 2016, par Jean-Paul HAMON

 

Édition 2016 des comptes de la sécurité sociale

Mr Gérard Bapt est confronté sur sa commune à la désertification libérale et Mr Christian Paul aurait pu confirmer que les fameuses maisons de santé pluridisciplinaires ne sont pas la panacée ! Lui qui, à Château-Chinon, est dans la première sous préfecture de France à ne plus avoir de médecins installés dans une splendide maison de santé pluridisciplinaire !

Je salue les propos de Gérard Bapt sur la nécessité de ne pas « mégoter » sur la Médecine Générale : je me permettrai de compléter le propos en l’étendant à l’ensemble de la Médecine Libérale , car un médecin généraliste, sans correspondants spécialistes de proximité et sans échanges rapides et sécurisés, devient beaucoup moins performant pour la qualité du service rendu au patient.

 Nous pourrions faire beaucoup mieux que ce déficit colossal !

J’ai entendu vos difficultés à mettre le Sativex sur le marché et j’ose à peine vous rappeler que les soins de ville auraient tenus l’objectif simplement si l’Avastin était effectivement sur le marché .
Je passerai sur ces médicaments ASMR 5 qui obtiennent des prix supérieurs à ceux des médicaments déjà sur le marché.
Je passerai sur le faible taux de médicaments génériques validé en France : 30% contre près de 60% en Allemagne et aux Pays-Bas (l’obtention du statut de « nouveau médicament » dès que l’on associe deux molécules généricables explique sans doute cela).

 La FMF s’étonne toujours que l’on puisse se satisfaire d’un déficit colossal à défaut d’être abyssal.

Nous pourrions faire beaucoup mieux si la CNAMTS cessait de vouloir organiser les soins avec les boutiques santé , coaching santé , centres d’examens de santé, dont la Cour des Comptes nous dit qu’avec une dépense de 153 millions d’euros, ils n’atteignent pas leur objectif... Et c’est un euphémisme ! Je ne parle pas de Sophia, le total flirtant avec les 500 millions d’euros...
Nous pourrions faire mieux si, lors de cette convention, les médecins libéraux avaient les moyens de vider les urgences des 15 millions de passages qui n’ont rien à y faire. Ceux-ci coûtent 3 milliards à la collectivité : nous avons fait des propositions à Mr Nicolas Revel pour valoriser les soins non programmés des médecins libéraux :

  1. valorisation de ces actes,
  2. amélioration des conditions d’exercice des médecins en créant un Forfait Structure (et par conséquent de l’emploi).
    Nous pourrions faire mieux si les étudiants en formation connaissaient l’exercice libéral, en encourageant fortement les médecins libéraux à être maître de stage en médecine générale, mais aussi en médecine spécialisée .

 Avec un peu d’audace nous pourrions régler les problèmes de la Médecine du Travail et donner du sens à la réforme du médecin traitant.

Je profite ici de la présence du Medef et des syndicats de salariés pour faire une proposition :
la Médecine du Travail est en crise : que le médecin du travail retrouve son rôle en effectuant les visites d’aptitude d’embauche et de reprise, ainsi qu’ en allant vérifier les conditions d’exercice du salarié au sein de l’entreprise.
Ainsi, les 25 millions de salariés qui existent encore dans ce pays iraient consulter leur médecin traitant tous les 2 ans, celui-ci serait rémunéré pour effectuer un examen complet du salarié et vérifier que les actes de prévention ( vaccinations frottis hémoccult, etc..) ont été réalisés. Le médecin traitant serait rémunéré 80€ tous les 2 ans pour ces tâches. Cela aurait un double avantage :

  • garantir un suivi régulier de la santé du salarié au sein de l’entreprise
  • donner du sens au médecin traitant

et ne constituerait qu’un transfert de financement.
Cette revalorisation aurait un coup quasiment nul et permettrait à Nicolas Revel de dégager des marges pour la revalorisation de la Médecine Libérale.
Je terminerai en soulignant que les arrêts de travail concernent de plus en plus la souffrance au travail, souffrance liée à la gestion par le stress du salarié .
Mr Nicolas Revel nous oppose que ces budgets ne relèvent pas de ses compétences.

La FMF vous demande de bien vouloir prendre enfin conscience de la nécessité de décloisonner les budgets et de faire une véritable réforme qui garantisse l’accès aux soins qui vous est chère.
En soulignant que le vrai problème (défi) d’accès aux soins va être de trouver un médecin libéral qui puisse prendre en charge les patients !

Dr Jean-Paul Hamon
Président de la FMF.

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