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La Grèce et l’ASV

Publié le 26 août 2015, par Olivier PETIT

A l’heure où l’Europe tremble devant les incertitudes concernant l’avenir de la Grèce, il est frappant de constater la similitude des situations de ce pays et du régime ASV de notre retraite (régime ASV toujours pas équilibré sur le long terme) :

  • Absence d’anticipation des problèmes par les responsables : gouvernement grec d’un côté, État français et syndicats médicaux signataires des conventions successives de l’autre, en charge de la gestion du régime ASV (et non la CARMF). Par contre, la CARMF a depuis une vingtaine d’années anticipé le papy-boom et pris les dispositions nécessaires à l’équilibre à long terme du régime complémentaire.
  • Manque de ressources : pas d’impôts qui rentrent chez les grecs, cotisations longtemps sous appelées dans le régime ASV, malgré leur majoration en 1994 et leur augmentation faramineuse en cours depuis 2012, loin d’être terminée.
  • Dépenses excessives : embauches de fonctionnaires et dépenses non productives en Grèce, allocations trop élevées dans le régime ASV eu égard aux recettes encaissées. Les grecs ont ainsi consommé la manne financière européenne, tandis que le régime ASV a vu ses réserves fondre et disparaître au fil des ans.
  • Absence de garantie pour l’avenir : les grecs dépendent de l’Europe, notre retraite ASV dépend de la démographie médicale libérale bien sûr, mais aussi de la participation des caisses (pour 50% des cotisations donc pour 50% du niveau des allocations ne l’oublions pas).
  • Résultat : rien n’est encore réglé dans les deux cas bien que les salaires aient été divisés par deux chez les grecs et que dans le régime ASV les cotisations auront quadruplé de 1972 à 2016 tandis que dans le même temps la valeur du point aura été divisée par deux.
  • Qui sont les responsables ? Les structures européennes et le gouvernement grec qui ont mal utilisé les aides, et pour l’ASV l’État français qui a mené la gestion de ce régime où elle en est, avec la complicité volontaire ou involontaire mais irresponsable des syndicats médicaux signataires des conventions depuis 1972. Pendant ce temps les caisses de Sécurité sociale ont fait des économies colossales sur les remboursements grâce à la limitation des honoraires, mais aussi sur leur participation en sous-cotisant pour les médecins exerçant en secteur 1.
  • Qui doit payer ? Qui va payer ? On attend avec grand intérêt de voir au fil du temps l’attitude des tutelles européennes vis à vis de la Grèce. Mais qu’en est-il pour notre retraite ASV ? Dans la situation actuelle, sans en garantir le niveau, il faut d’abord en assurer l’équilibre sur le long terme. On peut parier que nos tutelles approuveront après un peu de théâtre l’augmentation de 13% des cotisations nécessaire au maintien de la valeur du point ASV. Cette augmentation pourtant ne garantira pas la pérennité de la valeur du niveau des allocations pour les années à venir. En effet, la participation des caisses de Sécurité sociale reste convention-dépendante (c’est-à-dire : absence de convention = absence de participation des caisses). Ceci leur permettra de mettre encore plus le couteau sous la gorge des syndicats pour leur imposer de signer les futures conventions. Que reste-t-il de l’Avantage Social Vieillesse ? Nous payons chaque année plus cher notre retraite ASV, et pour les médecins qui exercent en Secteur 1, même si elle existe toujours, la compensation au blocage de leurs honoraires devient de plus en plus maigre avec les majorations de cotisations et la perte de pouvoir d’achat du point ASV, dont la valeur est bloquée depuis 1999 et a même été abaissée depuis 2012 !

Faut-il être défaitistes ? Certainement pas ! Alors que faire ?

La FMF propose de discuter dans le cadre d’une refonte conventionnelle totale une renégociation du contrat ASV afin de sécuriser notre retraite ASV tant en niveau qu’en pérennité. C’est l’intérêt de tous, généralistes et spécialistes, secteurs 1 et secteurs 2. Pour y parvenir l’unité syndicale est impérative autour de ce projet. Les médecins ont de par leur métier l’habitude de se projeter dans l’avenir, de peser le pour et le contre d’un choix thérapeutique. La FMF souhaite que les médecins s’approprient leur destin dans le régime ASV. C’est pourquoi la FMF appelle tous les syndicats médicaux représentatifs à réfléchir ensemble à trouver la meilleure solution. Faut-il sortir de l’Euro/ASV ? Faut-il poursuivre la restructuration du régime en serrant encore la ceinture des retraités ou en majorant encore les charges des cotisants ? Il ne faut pas non plus oublier les intérêts des futurs installés. Nous devons nous poser la question : où commence l’inacceptable ?

Bien sûr il ne doit pas y avoir d’accord conventionnel sans avoir au préalable défini et réglé de façon unie l’avenir de notre retraite ASV.

La seule chose qui rendrait acceptables les inévitables contraintes financières sur notre retraite ASV serait une remise à niveau des revenus des médecins. C’est un des objectifs de la FMF.

Alors chers confrères, aux élections URPS :
VOTEZ POUR VOUS en votant pour la FMF !

Le 16 juillet 2015.

Dr Olivier PETIT,
Cellule retraite FMF
Courriel : petit-olivier@wanadoo.fr
Tél. : 06 87 99 70 06

Dr Jean-Paul HAMON,
Président de la FMF
Courriel : jp.hamon.dr@wanadoo.fr
Tél. : 06 60 62 00 67

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