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Il faut moins d’Etat

Publié le 2 avril 2020, par Jean Margaritora

La gestion catastrophique de la crise sanitaire met en évidence la faiblesse d’une stratégie décidée en haut et appliquée en bas avec des retards coupables due à l’incurie administrative. Il serait faux de croire, comme on le suggère aujourd’hui, que plus de moyens pour l’hôpital pourraient éviter de futures épreuves.

Le gouvernement veut un système de santé à sa botte et c’est la raison pour laquelle il privilégie le tout hôpital dont il maitrise les budgets et le fonctionnement. En parallèle il néglige l’ambulatoire, car ce dernier a une volonté farouche d’indépendance qui déplait fortement en haut lieu. C’est le fil conducteur qui explique les coups répétés contre la médecine libérale et qui a abouti à des déserts médicaux que ce soit en zone rurale et dans certaines villes.

Les mises en garde répétées sur un numérus clausus drastique n’ont pas été écoutées car il fallait réduire le nombre des libéraux contestataires et par la même diminuer l’offre de soins donc les dépenses, selon un raisonnement typiquement technocratique.

  • Il fallait brider les prescriptions donc indexer les honoraires non plus sur les actes mais sur des forfaits. Ces derniers calculés par les caisses et versés selon leur bon vouloir ôtent leur indépendance financière aux médecins libéraux donc les soumettent à l’état. De même le tiers payant généralisé fait abstraction du patient car il rend le médecin dépendant d’un tiers.
  • Les contrôles sur les arrêts de travail, sur les transports, harcèlent les praticiens et cherchent à les conduire à une autocensure par une obligation de résultat. Encore une fois l’état tente de reprendre la main sur un secteur qui lui échappait.
  • Le regroupement des libéraux en maisons médicales va dans ce sens. Il a été dit « l’exercice médical isolé doit devenir l’exception ». En effet les dotations de fonctionnement seront attribuées d’une façon non pérenne donc sous l’emprise des ARS. Et qui sait, si demain il vennait à l’idée de confier, et donc de vendre, toute la médecine ambulatoire au secteur assurantiel, cela permettrait quelques rentrées financières et également d’abandonner la maîtrise des dépenses aux assureurs privés qui ne se gêneraient pas pour brider les prescripteurs. On sait comment cela fonctionne déjà chez les dentistes avec les mutuelles qui agréent ou non tel ou tel cabinet.
  • Par des restrictions budgétaires, tout en voulant faire faire à l’hôpital la médecine de premier recours, on a engendré des dysfonctionnements illustrés par la saturation actuelle des capacités hospitalières. Dès le début de l’épidémie il fallait appeler le 15, dès le début de la pandémie la réquisition des masques a privé les libéraux et les EHPAD du matériel de protection nécessaire. La prise en charge ambulatoire dans de bonnes conditions de nombreux patients infectés aurait pu étaler le travail de l’hôpital et le soulager. Ce n’est que lorsque l’étranglement survint que l’on se décida enfin, mais trop tard, d’en appeler aux médecins généralistes.

Après la tempête l’hôpital obtiendra la gloire, et un peu d’argent ; mais que nos confrères hospitaliers ne se leurrent pas, après-demain ils seront à nouveau corsetés par la technocratie sanitaire. On devra expliquer une fois de plus aux malades que seule une médecine libérale réellement indépendante peut leur assurer la sécurité, la qualité et la liberté des soins. Les médecins libéraux demeurent le dernier rempart protecteur contre n’importe quel gouvernement soucieux de tout maîtriser mais incapable de gérer efficacement.

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