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Hommage à Robert Dirand

Publié le 6 mai 2020, par Jean-François BAUDRY

Notre ami Robert DIRAND s’en est allé hier matin à l’âge de 103 ans, quelque peu aidé en cela par le Covid19. Jusqu’à ses 100 ans il est resté lucide et toujours actif intellectuellement, même s’il y avait quelques redites dans ses propos. Malheureusement, il aura passé les trois dernières années de sa vie dans un EHPAD, très dégradé sur le plan intellectuel, ne reconnaissant même plus ses enfants.
Il a donc quitté ce bas monde après une vie dont nous savons qu’elle fut plus que bien remplie.
Né en 1917 d’une Mère institutrice et d’un Père directeur d’école, il rencontrera son épouse au cours de ses études de médecine, ils auront deux filles dont une est médecin. Installé généraliste en 1945 à Nogent-sur-Marne avec sa femme qui se destinera à la pédiatrie avant l’heure, il sera en même temps, médecin des écoles de la Seine.
Très vite il animera la défense des médecins libéraux de son secteur géographique, adhérera à la CSMF qui était alors la seule centrale nationale. A partir du décret de mai 1960 qui instaurait les conventions entre les médecins et la sécurité sociale des dissensions apparaîtront qui s’amplifieront au sein de la CSMF, grosso modo entre les partisans et les opposants à l’instauration de ces conventions. Des formations syndicales dissidentes de la centrale nationale toujours unique verront le jour, notamment l’Union Syndicale pour la Réforme (USR) (du décret de mai 1960), USR que la CSMF radiera de ses effectifs, entamant ainsi la dissidence syndicale. Beaucoup de péripéties encore entre 1960 et 1967, année au cours de laquelle l’Union Syndicale des Médecins de France (USMF) dont le Président était le Docteur Pierre BELOT, l’Association Médicale pour la Recherche de l’Unité Syndicale (AMRUS) dont le Président était le Docteur LEBRUN et la Fédération Nationale des Médecins Généralistes Français (FNMGF) dont le Président était le Docteur Robert DIRAND, ainsi que plusieurs formations syndicales départementales autonomes, décidèrent de fusionner en créant la FÉDÉRATION DES MÉDECINS DE FRANCE (FMF), laquelle se dotait d’une direction collégiale provisoire de trois présidents, les Docteurs BELOT, LEBRUN et DIRAND.
Par la suite au sein de la FMF, Robert DIRAND ne cessera d’œuvrer avec acharnement pour la défense de la médecine libérale, pour la médecine de famille, pour une médecine humaine. Il sera Président de l’USM94, l’Union Syndicale des Médecins du Val-de-Marne, tout en continuant son activité à la FMF dont il sera l’un des Vice-Présidents en même temps qu’il sera Président du Collège des Généralistes de la FMF puis de la FMF-G après transformation du Collège. Ayant quitté ses activités syndicales, la FMF et la FMF-G lui rendront hommage en le l’élisant Vice-Président d’Honneur de la FMF et Président d’Honneur de la FMF-G.
Il développera les thèmes de la médecine de famille et d’une médecine libérale et humaine dans un roman qu’il publiera sous le pseudonyme de Guy MONTARLOT, du nom du village de Seine-et-Marne dans lequel lui et son épouse avait à l’époque, une maison de campagne. Son côté artiste ne s’arrêtera pas là, il se passionnera pour la peinture et pour la poésie et il participera à plusieurs reprises au Salon des Écrivains Médecins.

Robert DIRAND était aimé de ses malades, déterminé et pugnace dans son combat syndical, exigeant du politique avec lequel il a souvent ferraillé et sévère à son égard quand il le fallait, amoureux de sa femme ô combien, artiste peintre, écrivain et poète : Robert DIRAND était l’archétype de l’honnête homme au sens du XVIIème siècle ; non seulement il ne sortira pas de nos mémoires mais il restera un modèle pour ceux qui lui ont succédé.

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