×
< -->
 

Actualités

Faut-il une nouvelle stratégie d’hospitalisation pour les malades covid 19

Publié le 24 avril 2021, par (PN) AL NASSER Bassam

Les données hospitalières montrent que la pandémie de covid 19 a perturbé le fonctionnement hospitalier nécessitant une innovation rapide pour faire face à la hausse, en maintenant l’accès aux soins hospitaliers aux patients non-covid-19.

L’admission d’un grand nombre de patients suspectés du covid 19, risque de diminuer la capacité de protéger les autres patients de l’exposition à l’infection. Le délai entre la suspicion clinique et les tests de confirmation ajoute à la complexité du problème (1).

La situation continue de se dégrader à l’hôpital en France à cause de nouveaux cas de Covid-19 hospitalisés chaque jour. Selon le dernier bulletin de Santé Publique France, dans toutes les régions métropolitaines, la tension sur le système hospitalier, s’est accentuée avec une hausse d’hospitalisations de 16% des cas Covid et de 13% en services de soins critiques. La barre des 5000 patients en réanimation est dépassée en France, un chiffre qui n’avait pas été atteint depuis avril 2020.

Cependant cette 3ème vague a incité les ARS à faire une politique de déprogrammation des interventions chirurgicales sauf les urgences, pour

  • d’une part permettre aux établissements privés d’accueillir des malades covid 19 dans des services covid dédiés de médecine ou de réanimation éphémères
  • et d’autre part pour réquisitionner le personnel paramédical pour le déployer dans les hôpitaux publics.

Cela fait qu’un certain nombre des interventions importantes sur le plan fonctionnel, comme une prothèse de hanche, de genou, cataracte, ou une hernie discale sont reportées à une date ultérieure.

Idéalement, la cohorte géographique consiste à traiter les patients hospitalisés atteints du COVID-19 dans un lieu physiquement séparé. (1). Cette approche permet d’utiliser un personnel et un espace dédié pour gérer les conditions médicales courantes qui justifient des soins hospitaliers, tout en limitant la transmission nosocomiale à d’autres patients hospitalisés pouvant présenter un risque élevé. (2)

De plus, avec cette approche les patients non-Covid qui ont besoin d’hospitalisation peuvent se sentir en sécurité. (3-5).

La réforme de la carte hospitalière a fermé, 7% des établissements de santé publics et 2% privés entre 2013 et 2017.

Néanmoins cette crise sanitaire covid-19, nous incite à réfléchir à une organisation et stratégie différentes dans la prise en charge des patients covid-19 d’une part et d’autre part pour assurer la continuité dans la prise en charge des patients non-covid-19, et éviter leur contamination intra-hospitalière.

L’idée de réhabiliter les établissements fermés en centres covid-19 me semble irréelle et couteuse.

La transformation des USIC en réanimation éphémères covid-19, ou la création des réanimations temporaires, qui nécessitent un personnel formé dans le secteur privé, est une démarche peu efficace.

Cependant, un partenariat complémentaire public-privé, mettant le plateau technique lourd des cliniques à la disposition du secteur public pour la prise en charge des malades non-covid, me semble une idée séduisante.

Pour illustrer mes propos, dans ma ville Il existe un grand hôpital public et une clinique. L’ARS a demandé aux deux de réduire leur activité programmée de 40%. La clinique a ouvert une réanimation éphémère de 6 lits et l’hôpital a augmenté sa capacité des lits de réanimation. Cet exemple est pratiquement présent dans toutes les régions. Cette attitude augmente le risque de contamination nosocomiale des malades non-covid-19 et en même temps présente une perte de chance pour ceux qui ne sont pas pris en charge ou leur prise en charge est retardée. Néanmoins, les 6 lits de réanimation éphémères resteront largement inefficaces. Un partenariat complémentaire avec l’hôpital public aura permis à l’équipe médico-chirurgicale de l’hôpital de poursuivre son activité non- covid, en utilisant le plateau technique de la clinique et aura permis à l’hôpital de prendre en charge les patients covid-19 en toute sérénité.

Conclusion un partenariat complémentaire public-privé est une solution rapide et idéale dans ce contexte. Il évitera la déprogrammation et permettra la prise en charge des patients covid et non covid.

Références.

  1. Patterson B, Marks M, Martinez-Garcia G, Bidwell G, Luintel A, Ludwig D, et al. A novel cohorting and isolation strategy for suspected COVID-19 cases during a pandemic. J Hosp Infect. 2020 ;105(4):632-7.
  2. Frank MG, Croyle C, Beitscher A, Price C. The Role of Hospitalists in Biocontainment Units : A Perspective. J Hosp Med. 2020 ;15(6):375-7.
  3. Bowden K, Burnham EL, Keniston A, Levin D, Limes J, Persoff J, et al. Harnessing the Power of Hospitalists inOperational Disaster Planning : COVID-19. J Gen Intern Med. 2020 ;35(9):2732-7.
  4. Gar g M, Wray CM. Hospital Medicine Management in the Time of COVID-19 : Preparing for a Sprint and a Marathon. J Hosp Med. 2020 ;15(5):305-7.
  5. Einav S, Hick JL, Hanfling D, Erstad BL, Toner ES, Branson RD, et al. Surge capacity logistics : care of the critically ill and injured during pandemics and disasters : CHEST consensus statement. Chest. 2014 ;146(4 Suppl):e17S-43S.

Autres actualités

La FMF construit l'avenir
de la médecine libérale

Top