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Devenir remplaçant avant d’avoir des cheveux blancs…

Publié le 19 décembre 2020, par Stéphane PINARD

L’urgence est de ne rien faire !

Les conditions de remplacement pendant l’internat vont-elles se durcir  ?
Les jeunes le redoutent désormais. L’Intersyndicale nationale des internes (ISNI) a lancé une pétition avec succès afin de faire pression sur l’Ordre des médecins, favorable au fait d’accorder l’autorisation de remplacement plus tardivement dans le cursus. 
Les juniors mobilisés, eux, réclament le maintien des conditions actuelles afin de répondre aux besoins.
Leïla Bouzlafa, Présidente du SRP-IMG, nous adresse un courrier et demande notre soutien.

« Chers confrères, chères consœurs,

En fin de semaine dernière, le Conseil National de l’Ordre des Médecins s’est prononcé contre un remplacement avant le SASPAS pour les internes en médecine générale (et avant le statut Dr Junior pour les autres spécialités).
Jusqu’à maintenant, nous avions le droit de remplacer dès que nous avions validé 3 semestres et notre premier stage ambulatoire.
Depuis fin novembre, l’ISNI (Inter Syndicale Nationale des Internes) recueille l’avis de chaque spécialité/subdivision pour la rédaction d’un nouveau décret concernant les licences de remplacement. Pour nous, la médecine générale, nous restions à 3 semestres, et, conformément à ce qui avait été voté en AG l’an dernier (et appuyé massivement par un sondage lancé hier), le SRP-IMG avait appuyé cette décision. Pouvoir remplacer pendant l’internat est un droit essentiel pour les internes, parce qu’il permet : de financer une mise en disponibilité (thèse, après une grossesse, ...).
C’est la seule source de financement possible (en dehors de la bourse, mais peu sont délivrées) car il est interdit de prendre des gardes pendant une disponibilité, pour assurer la continuité des soins (médecins installés qui ne travaillent pas le samedi, souhaitent prendre des congés) assurer un complément de salaire afin de pouvoir payer son loyer (particulièrement cher à Paris) et permettre une survie, ou une meilleure qualité de vie, au sein d’un foyer (pour tous les internes déjà parents, ayant des personnes à charge, un crédit en cours,...).
Il n’y a pas d’opposition entre la volonté d’être bien formé et supervisé jusqu’à la fin de notre internat et la volonté de remplacer. Ces remplacements sont souvent effectués chez un ancien maître de stage ou dans une structure où les internes ne sont pas isolés et savent qu’ils pourraient être accompagnés si besoin. (Et il semble qu’il n’y ait pas plus de sinistres déclarés par les assurances).
Je vous écris aujourd’hui pour vous demander de vous associer à nous, internes en médecine générale, contre le report de la licence de remplacement, qui conduirait la moitié d’entre nous à ne pouvoir remplacer qu’après la fin de leur internat ».

Pourquoi modifier ce qui fonctionne déjà sans difficulté organisationnelle ou sécuritaire ?
Plusieurs raisons motivent notre syndicat à prendre position et à soutenir la demande légitime des jeunes internes concernant l’attribution de leur licence de remplacement :

  • L’enseignement médical est difficile et long. Il parait utile et juste de permettre aux jeunes internes de compléter leurs revenus pour financer les études et bien débuter leur vie privée (achat d’un logement, naissance d’un enfant).
  • En validant le stage praticien niveau 1 en 3ème semestre, il parait nécessaire d’entretenir cet exercice ambulatoire pour ne pas le perdre après 2 nouveaux semestres hospitaliers.
  • Les remplacements sont effectués la plupart du temps dans les cabinets de groupe qui ont accueilli ces internes en niveau 1. Cela renforce l’offre de soins et permet aux praticiens de prendre un peu de repos.
  • L’investissement en maitrise de stage est en partie lié à une possibilité d’être remplacé à l’issue des stages en espérant une installation. Perdre de vue son interne à l’issue du stage praticien risquerait de perdre des maîtres de stage.
  • L’interne acquiert de l’expérience sur le terrain, cela facilite le regard croisé des soins dispensés en ville et à l’hôpital et renforce le lien ville / hôpital.
  • Remplacer régulièrement pendant son internat peut favoriser une installation rapide en fin d’internant en évitant ces 2 à 3 ans de remplacements nécessaires à l’acquisition de l’expérience et de l’assurance avant de franchir le pas de l’installation.
  • L’objectif de fin de stage niveau 1 est d’être autonome pour consulter seul. Donc par définition, l’interne peut être seul en consultation dès le 4ème semestre.
  • C’est une solution potentielle pour remplacer les médecins installés surmenés avec des difficultés pour prendre des congés et assurer la continuité des soins.

Toutes ces bonnes raisons nous poussent donc à soutenir sans réserve la demande des jeunes internes pour ne pas modifier l’attribution de la licence de remplacement.
La petite difficulté actuelle est que parfois les internes effectuent leur stage niveau 1 en premier semestre. Il parait alors trop juste d’accorder la licence de remplacement après un seul semestre d’internat.
Il serait alors intéressant d’accorder au cours de ces 2ème et 3ème semestre d’internat une licence « d’interne assistant » pour permettre un exercice de la médecine de ville mais uniquement sur le lieu de stage niveau 1, en accord avec les maîtres de stage et avec l’obligation d’être supervisé.

Licence de remplacement = 3 semestres validés dont le stage ambulatoire de niveau 1

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