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Aux médecins à sensibilité MEP

Publié le 8 février 2020, par Philippe De Chazournes

Bonjour cher adhèrent ou futur adhèrent de la FMF UMEP

MEP signifie Médecine à Expertise Particulière. Les médecins MEP sont des médecins généralistes ou spécialistes qui pratiquent, en plus ou de façon exclusive, une médecine différente ou plutôt complémentaire à leur pratique habituelle. L’URPS PACA en a tenté d’en faire une synthèse en 2016 ; la FMF elle-même en avait fait une présentation en 2009 par la voix de Corinne Le Sauder, ostéopathe et présidente de la branche MEP de la FMF qu’elle a depuis mise en place.

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Un article intéressant de l’Ordre des Médecins de 2014 avait tenté aussi d’y voir plus clair.

La FMF a toujours été un syndicat ouvert à toutes les pratiques ( « 100000 façons d’exercer »). Aussi, de par ses statuts, elle comporte quatre branches ; Union Généraliste, FMF US, FMF PTL (Plateau Technique Lourd), FMF UMEP (Médecins à Expertise Particulière).

Les médecins MEP sont des médecins qui utilisent (exclusivement ou non) des médecines complémentaires, comme par exemple : l’ostéopathie, l’hypnose, l’acupuncture, la sexologie, etc…
De plus en plus de médecins, « les vieux » notamment, peut-être dans une certaine sagesse thérapeutique liée à des années d’expériences en médecine générale ou spécialisée, ressenties parfois comme décevantes, s’y sont mis. De nombreux jeunes, peut-être par déjà une certaine opposition réfléchie aux lobbyistes pharmaceutiques, s’y mettent aussi ; ils sont tous médecins ; ils veulent tous le bien de leurs patients et ceux-ci leur sont le plus souvent très reconnaissants.
Toutes ces pratiques prennent du temps ce qui oblige ces praticiens à être en secteur 2 s’ils le peuvent, ou faire à des actes non remboursés, voire à se déconventionner. 
Tous ont besoin d’être défendus dans leurs pratiques et leurs droits, face à aux autorités ou administrations sanitaires, souvent peu enclines à aider le développement de ces pratiques.

On retrouve souvent dans les valeurs de ces praticiens la notion de liberté et d’indépendance, en somme de vraies valeurs libérales, refusant tout conflit d’intérêts avec les industriels ou avec l’Etat.

La FMF est le seul syndical prônant haut et fort une telle indépendance et c’est pour cela que beaucoup de médecins adhèrent à nos valeurs, mais sans vouloir franchir le pas de se syndiquer. C’est dommage, car si on veut que les médecines intégratives, complémentaires, alternatives, ne soient pas exclusivement dévolues aux « ni ni » comme c’est de plus en plus le cas actuellement, c’est-à-dire à des non professionnels de santé, et si on pense que toute thérapeutique doit préalablement s’accompagner d’un interrogatoire poussé et d’un bon examen clinique afin de ne pas passer à côté de contre-indication ou d’une autre pathologie, nous devons nous regrouper pour rendre les MEP plus forts et mieux entendus. Il serait quand même dommage que ce ne soit pas dans le seul des cinq syndicats représentatifs, et affirmant sa totale indépendance avec les industriels (pharmaceutiques, plateformes de RDV ou de téléconsultations, assureurs).

Il peut exister des thérapeutiques qui, même si elles ne non pas validées par les critères classiques d’évaluation, font beaucoup de bien au patient sans engendrer chez lui d’effets indésirables (ce qui est loin d’être le cas avec certains médicaments). 
Une apparente efficacité est-elle inévitablement due à un effet placebo ? Ce qui ne peut se prouver est-il forcement faux ? Ce qui n’est pas ni expliqué ni démontré ne prouve pas son inefficacité.

Il est important de se poser aussi des questions sur l’ensemble des médecines intégratives, les circuits communs à leur efficacité, et leur possible évaluation, celle-ci devant garder une valeur méthodologique et scientifique. Malheureusement l’évaluation de ces techniques en médecine libérale est quasi-irréalisable ; en effet si nous pensons que notre technique est utile à nos patients, il serait assez peu déontologique de les faire venir et leur faire payer en les mettant dans un bras témoin ! Et pourtant, comment publier de façon statistiquement satisfaisante sans avoir un panel de patients de plusieurs centaines dans les deux bras d’investigation et avec un protocole rigoureux permettant de supprimer au maximum les biais sans l’aide d’un ARC (Chargé de Recherche Clinique) ? Qui a les moyens de s’offrir de tels coûts d’évaluation mis à part les industriels ? 

Si nous voulons un jour apporter du crédit à ces pratiques et les rendre remboursables, cela passe par la publication dans des revues prestigieuses afin d’être prises en compte par recherche bibliographique de la HAS. En médecine de ville, il nous faut une recherche en face à face, qui nécessite du temps (difficile en milieu libéral), et beaucoup d’argent pour financer l’organisationnel. De nombreuses thèses et mémoires ont été faits concernant ces pratiques ; d’autres sont en cours notamment en terme d’évaluation médico-économique en partenariat avec le service médical de l’Assurance Maladie et l’INSERM. 
Par ailleurs, se former en médecine complémentaire a un coût ; non seulement celui de la formation, mais aussi, en tant que médecin libéral, celui de son absence du cabinet. Il est donc inenvisageable de ne pas reporter ce coût sur le tarif des consultations. Hors prise en charge par la Sécurité Sociale, seuls les patients ayant les moyens peuvent en bénéficier. 

Quand Milton H. Erickson énonce sa « règle des trois O », il sous-entend par cela "Observer, Observer, Observer" ! Observer signifie aussi ressentir, non pas pour que le soignant « devienne patient », mais pour qu’il puisse ressentir comme lui. Comme le dit le Dr Claude Virot, psychiatre, « les soignants doivent avoir le courage d’oser faire des choses différentes, nouvelles, souvent surprenantes pour les observateurs ». Garden-Brèche, médecin smuriste en Bretagne, et référent dans l’hypnose d’urgence, précise que c’est au thérapeute de franchir le cap, de « lâcher prise » pour s’adapter aux différents parasites ambiants d’un service d’urgence. "Il suffit d’un soignant formé pour que dans un service les choses changent." ; je rajouterai qu’il suffit d’un syndiqué formé pour que, dans un syndicat, les choses changent 😉

A propos de la branche MEP de la FMF : Les MEP en tête d’affiche à la Réunion.
Pour en savoir plus sur ce qui peut motiver à pratiquer des médecines alternatives : Phlippe de Chazournes parle de la médecine intégrative.

Il n’y a plus maintenant qu’à adhérer en précisant bien que la cotisation doit être 100 % MEP ou 50/50 si l’exercice n’est pas uniquement MEP. 
C’est le seul moyen de se compter et de rendre forte cette branche qui nous soutient.

N’hésitez pas à transférer cet article à tous vos collègues médecins qui ont envie que soient défendues auprès de l’Etat de telles pratiques médicales. Nous sommes tous médecins. Nul ne peut se sentir le droit d’être dépositaire d’une vérité médicale

Dr Philippe de Chazournes, médecin généraliste et MEP à la Réunion,
Ancien correspondant de la HAS avec de nombreuses participations aux groupes de travail ou de lecture de différentes recommandations,
Président de la FMF Réunion et chargé de communication national pour la FMF UMEP

Document à télécharger

fmf_mep_1511092.ppt

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