COMMUNIQUÉ DE PRESSE DES MÉDECINS LIBÉRAUX D’OCCITANIE
En Occitanie, le 04/11/2026
Repérage des lésions cutanées suspectes par les paramédicaux : les médecins libéraux expriment leurs inquiétudes.
Les syndicats, collectifs et associations des médecins libéraux d’Occitanie expriment leurs vives inquiétudes face à l’expérimentation soutenue par l’ARS, visant à former 100 masseurs-kinésithérapeutes, puis 13 pédicures-podologues, au repérage des lésions cutanées suspectes, à l’utilisation d’un dermatoscope et à la transmission directe des images vers une plateforme de télé expertise.
La sensibilisation aux cancers cutanés et leurs détections précoces constituent un enjeu majeur de santé publique. Toutefois, le diagnostic d’une lésion cutanée relève d’une compétence médicale et l’Oncodermatologie ne s’improvise pas. Cette expérimentation fait craindre des erreurs diagnostiques et une multiplication des téléexpertises, surchargeant des dermatologues déjà fortement sollicités. Le rôle des paramédicaux est d’orienter les patients vers leur médecin traitant, garant d’une évaluation clinique adaptée et du parcours de soins coordonné.
Nous serons attentifs à l’utilisation adaptée des outils numériques et de l’intelligence artificielle.
Nous nous interrogeons sur les choix de l’ARS, qui finance la formation et l’équipement des paramédicaux sans soutien équivalent aux médecins généralistes. Nous nous étonnons qu’une institution aussi attachée à la coordination des soins semble oublier le rôle central du médecin traitant.
Nous déplorons l’absence de concertation préalable avec les dermatologues et les médecins généralistes du territoire, pourtant directement concernés. Celle-ci aurait permis d’évaluer la pertinence du dispositif et d’en adapter les modalités aux besoins locaux et aux ressources médicales existantes. Nous demandons donc à l’ARS de réévaluer cette expérimentation en concertation avec les représentants des médecins concernés.
Améliorer l’accès aux soins ne doit pas conduire à remettre en cause la place centrale du médecin traitant, ni à surcharger davantage les dermatologues, au risque de désorganiser le parcours de soins.