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Point hebdo FMF


par Patricia Lefébure
 

Point Hebdo FMF du 22-02-2015

Publié le : 22 février 2015

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Communiqué de la Fédération des Médecins de France
FMF78

dimanche  22 février 2015

Chers amis,

  • Les vacances sont là pour beaucoup, mais les médecins libéraux sont très occupés à confectionner slogans et banderoles, en vue de la grande manifestation du 15 mars. Initiée par les internes, reprise aussitôt par les syndicats de médecins libéraux, rejoints par les Coordinations (j'en profite pour vous en signaler une nouvelle, dans le 65), ainsi que par de nombreux patients, cette manifestation s'annonce chaude et animée ! Rendez-vous à 13H place Denfert-Rochereau à Paris 14ème, départ du défilé à 14H, arrivée devant le Ministère de la Santé avenue Duquesne dans le 7ème arrondissement, dispersion prévue vers 16H30. Pour nos amis de la Réunion qui ne vont pas venir à Paris, un rassemblement aura lieu à 10H le dimanche matin 15 mars, devant la Préfecture de Saint-Denis de la Réunion.
  • Même le syndicat des remplaçants et jeunes installés, REAGJIR, qui avait encensé le tiers-payant, a fait savoir qu'il serait présent le 15 mars. Et qu'en fait de tiers-payant, il y était favorable, à condition qu'il ne soit ni généralisé ni payable directement par les complémentaires. Un tiers-payant social en quelque sorte. Exactement ce que demande la FMF : la possibilité de le pratiquer, pour les patients qui en ont besoin, et seulement eux. Et sans obligation, pour ne pas être pieds et poings liés avec les payeurs, que ce soit l'Assurance Maladie ou les complémentaires. Une solution pourrait venir de la carte monétique proposée par une banque (en l'occurrence le Crédit Mutuel) : le médecin télétransmet à la banque, celle-ci s'engage à le payer dans les 5 jours, et elle fait son affaire de se faire rembourser par les assureurs.
  • Le tiers-payant généralisé cristallise l'opposition de l'ensemble des médecins libéraux. Mais n'oublions pas que la loi Santé telle que prévue, comporte bien d'autres points à refuser en bloc : parcours de soins centré sur l'hôpital, délégations de compétences sans concertation, protocolisations à tout va, soumission des cliniques privées, ... Les groupes de travail pour la réécriture de loi poursuivent leurs propositions, mais semblent bien peu écoutés de la part du gouvernement, malgré l'annonce de notre Président François Hollande, de reprendre le dossier en main. La seule chose obtenue est le 2ème report de la loi, prévue maintenant pour arriver à l'Assemblée Nationale à partir du 15 mars. C'est dire s'il faut continuer à mettre la pression : grève de la télétransmission, pétitions, grève des gardes. Vous êtes nombreux à agir sur le terrain si j'en crois les nombreux retours, ne restez pas isolés dans le doute. La mobilisation continue d'être forte. Exemple : 2 manifestations dans le Centre jeudi 18, avec à chaque fois plus de 150 médecins présents malgré le froid et une faible démographie locale.
  • Les revendications tarifaires ne sont pas au premier plan, mais elles existent évidemment. D'autant que tous les acteurs, y compris les institutions, s'accordent à dire que les tarifs autorisés ne sont pas compatibles avec un exercice de qualité. Cette fois, c'est la Mutualité qui a estimé à 14% le besoin vital de financement pour ses centres de santé médicaux (contre 6% pour les centres infirmiers et dentaires). Elle propose un forfait pour la coordination et l'accompagnement des actions de santé publique. La FMF ne peut que souscrire à cette demande, rappelant que la coordination et la santé publique ne sont pas l'apanage des centres de santé. Profitons de la mobilisation exceptionnelle des médecins pour remettre à plat le système de rémunération des médecins libéraux. Vous avez compris qu'il ne s'agit pas seulement d'exiger les 2 euros de majoration clinique !
  • Pendant ce temps, que font les Caisses ? Elles vous préparent un nouveau formulaire de "soins et traitements", à remplir par le médecin traitant et valider par le Médecin-Conseil. Serait-ce pour évincer les ALD non exonérantes, concernant normalement toute pathologie avec soins > 6 mois, et rémunérées 1,5 Cs par protocole rempli ? Pourtant, peu de médecins utilisent ce dispositif. En tout cas, on est content de savoir que l'argent des assurés sert à payer l'élaboration de ce nouveau formulaire plutôt qu'à rémunérer les professionnels de santé...
  • Et pendant ce temps, que font les ARS (Agences Régionales de Santé) ? Elles envoient des courriers aux généralistes, comme en PACA, les exhortant à ne plus adresser de patients aux urgences que si nécessaire (c'est vrai que ces idiots de médecins ont l'habitude d'adresser les patients, juste pour s'amuser), et leur conseillant de prescrire de l'Olseltamivir chez les patients fragiles. Alors que ce produit a clairement montré son inefficacité et sa toxicité. Et si elles se recentraient sur l'organisation des soins plutôt que de faire de la médecine ?
  • Bon allez, je vais tout de même terminer par une note positive. Je vous avais dit qu'une concertation était en cours, entre les professionnels de santé et la DGOS (Direction Générale de l'Offre de Soins), pour la réforme du DPC (Développement Professionel Continu). Et bien contre toute attente, le projet final, présenté jeudi 18, a pris en compte les propositions des professionnels. En quelques mots, pour les médecins : le DPC concerne l'ensemble de la formation, avec ou sans évaluation des pratiques ; seules les orientations prioritaires seraient indemnisées par les fonds publics (Etat et Assurance-Maladie), dans une enveloppe dédiée ; les autres seront prises en charge par le FAF (pour les libéraux, et par les employeurs pour les salariés) ; surtout, ce sont les professionnels qui reprennent la main, pour fixer les orientations prioritaires, définir les critères d'agrément des formations et des organismes, et participer à la gestion de ce nouveau DPC. Avec un système beaucoup plus souple, où tout ne sera pas fixé d'emblée par décrets. Maintenant, il reste à faire valider ce projet par notre Ministre MariSol Touraine, et à le mettre en texte législatif. Et pour les syndicats, à négocier avec la Sécu le montant de l'enveloppe dédiée, sachant que l'indemnisation de notre formation est une contrepartie de nos honoraires indécents. Mais comme quoi, lorsqu'il y a volonté de collaborer, des projets utiles et cohérents peuvent voir le jour.

Je vous souhaite une très bonne semaine.

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