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Point hebdo FMF


par Patricia Lefébure
 

Point-hebdo FMF du 08-05-2016

Publié le : 8 mai 2016

Chers amis,

Un petit Point Hebdo pour vous tenir informés, car malgré l’Ascension, les négociations conventionnelles ont continué à la CNAM. Le sujet était cette semaine "rémunération et relations avec les Caisses". Cette fois encore, la FMF n’est pas venue pour écouter religieusement la présentation de la CNAM, puis discuter quelques virgules. Elle a fait force de propositions avec ce diaporama qui synthétise notre programme, reprenant les idées communes dégagées lors des Assises Libérales intersyndicales de février. Ces idées-force devront constituer les bases de la négociation.

D’autant que la Caisse est loin de jouer franc-jeu. Ce n’est pas une surprise, mais on en a eu la preuve à deux reprises. D’abord sur les arrêts de travail. Le Directeur de la CNAM, Nicolas REVEL, veut nous imposer dans la ROSP (Rémunération sur Objectifs de Santé Publique) le respect des durées "recommandées par la HAS" dit-il. Or si l’on regarde les conclusions de la HAS, sollicitée sur le sujet, on constate, soit qu’elle "n’émet pas d’opposition aux durées proposées par la CNAM", soit "qu’elle ne peut se prononcer", faute de données valides. On est loin de recommandations scientifiquement validées ! La deuxième hypocrisie dévoilée l’a été par MariSol Touraine elle-même, qui, invitée aux cinquante ans du Lancet, a déclaré que la ROSP était en fait un mécanisme de contrôle : "l’éparpillement institutionnel et le manque de coordination restent un sérieux défi pour l’efficacité des services de santé français qui justifient la mise en place de mécanismes de contrôle comme la rémunération sur objectifs de santé publique(ROSP) qualifiée de « méthode de régulation du marché de la santé »." Au moins, c’est clair.

C’est pourquoi l’essentiel de la négociation doit porter sur la valeur du Cs. Car encore une fois, la Cour des Comptes pointe le fait qu’il est impossible de pratiquer une médecine digne de ce nom en équilibrant le budget avec 23 euros. Le Centre de Santé Marcadet a un taux de couverture des dépenses de 66% seulement. Et c’est meiux que la moyenne de ces centres, qui n’excède pas 58%. Et pourtant, les libéraux y arrivent. Mais à quel prix en terme de coût humain ?!

Certains pourraient penser qu’on aurait alors intérêt à travailler en partenariat avec les complémentaires de santé. Ils vont vite déchanter en voyant ce que nous propose le "programme mutualiste" qui doit voir le jour en Bretagne. Il s’agit de favoriser les sorties précoces en chirurgie orthopédique dans les cliniques mutualistes. Louable objectif. Sauf qu’ils ont manifestement pris exemple sur les programmes PRADO des Caisses, qui organisent tout très bien, en omettant juste le médecin traitant. Ils essaient de rectifier le tir, bien tardivement, en demandant à un généraliste de donner son point de vue lors d’une soirée de présentation. Vous apprécierez le temps dédié à l’exposé : 5 mn. Pourtant, les libéraux font depuis toujours de la coordination autour des malades complexes. Ils aimeraient simplement que ce soit reconnu et accompagné, mais ils ne demandent pas de dispositifs compliqués et rigides.

Du côté des politiques, notre Isabelle Luck (vous savez, qui avait fait cette magnifique réponse à Florence Augier qui nous accusait de ne pas rendre la monnaie de la pièce pour nos études payées par l’Etat), a repris sa plume pour répondre cette fois au sénateur Poher qui nous avait sorti un florilèges de préjugés ineptes sur les médecins libéraux (cf mon dernier Point Hebdo). Du grand art, comme d’habitude. Et nous apprenons cette semaine que les députés lancent une commission d’enquête sur ... la fibromyalgie. Ah, voilà un sujet qu’il est prioritaire ! Les déserts médicaux s’étendent à vitesse grand V, les patients pleurent pour trouver un médecin traitant ou obtenir un RDV avec un spécialiste, les urgences sont totalement saturées, les médecins hospitaliers comme libéraux sont proches du burn-out, et pendant ce temps, les députés vont disserter sur la fibromyalgie ! On est content de savoir à quoi servent nos impôts.

Heureusement, nos patients sont là pour nous dire chaque jour combien ils ont confiance en nous. Ne l’oublions pas.

Je vous souhaite un très bonne semaine.

 

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