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Point hebdo FMF


par Patricia Lefébure
 

Point-hebdo FMF du 01-11-2020

Publié le : 1er novembre 2020

Chers amis,
Nous y voici, nous voilà reconfinés quasiment comme en mars. Avec l’obligation de produire une attestation à chacune de nos sorties. L’union des syndicats médicaux, à laquelle la FMF est très attachée, avait réussi à faire remplacer ladite attestation par la présentation de la Carte professionnelle lorsqu’il s’agissait du couvre-feu. Mais apparemment, lors du confinement, point de tolérance, attestation vous devrez montrer.

Côté positif, voilà revenue l’autorisation de facturer les consultations par téléphone, dans l’une des 5 situations suivantes :

  • Patient > 70 ans ;
  • Patient en ALD ;
  • Femme enceinte ;
  • Patient suspect ou avéré Covid ;
  • Absence d’accès au haut débit (pour raison géographique, mais aussi pour raison technique, si le patient ne peut utiliser de matériel adéquat).

Dans ce cas, la téléconsultation téléphonique est prise en charge à 100% par l’Assurance-maladie ; il faut cocher « exo 3 » comme justification sur son logiciel de télétransmission. J’en profite pour vous rappeler que les téléconsultations non téléphoniques suivent la même procédure jusqu’au 31 décembre 2022.

La dérogation pour prescription de Paracétamol injectable et de Clonazépam (Rivotril®) est également réactivée par l’Art.51 du décret du 29 octobre, uniquement pour les douleurs des patients Covid. Tant pis pour les autres, atteints de cancers par exemple. Il faut préciser sur l’ordonnance « Hors AMM, dans le cadre de la Covid 19 ». Il n’est en revanche rien dit pour le Midazolam.

Le dispositif « ContactCovid » de l’Assurance-maladie reste en place. Dès que vous avez connaissance d’un résultat positif Covid pour l’un de vos patients, vous devez vous connecter sur votre Espace pro (donc toujours inaccessible pour les remplaçants), pour le déclarer et si possible déclarer ses contacts proches, vivant sous le même toit. En pratique, c’est presque toujours impossible, le médecin-conseil, prévenu en amont directement par le laboratoire, ayant déjà ouvert la fiche du patient qui devient de ce fait scellée. Vous vous consolerez en cotant malgré tout Gs+MIS=55 euros (toujours exo3 sur votre logiciel).

Confinement ou pas, les personnes à risque sont exemptées de travail présentiel, et donc en « chômage partiel » (c’est-à-dire en arrêt total) si le télétravail est impossible. Le gouvernement avait tenté par un décret en septembre de limiter le nombre de personnes concernées, en restreignant le chômage partiel aux « très haut risque ». Le Conseil d’Etat en a décidé autrement, et c’est toujours la liste de mars qui vaut pour les auto-déclarations sur Ameli ou les certificats d’isolement.

La grande nouveauté pour les médecins, surtout généralistes, est l’arrivée des tests antigéniques Covid dans nos cabinets. Afin de désengorger les laboratoires de biologie médicale, les médecins libéraux ont la possibilité de prélever eux-mêmes en naso-pharyngé afin d’obtenir une réponse en 30mn par un test antigénique. Les tests seront fournis gratuitement par les pharmaciens, selon une procédure à définir, mais l’équipement est à notre charge (surblouse, charlotte, sur-lunettes, masque FFP2). Nous pourrons coter C2=46 euros, et si le résultat est positif, nous devrons le déclarer sur le site Si-DEP (comme les biologistes) et recevrons pour cela une MIS=30 euros supplémentaires. Mais attention, nous ne pourrons pratiquer ces tests que pour les patients asymptomatiques non-contact (avant voyage en avion par exemple, ou sur simple désir du patient), et pour les patients symptomatiques de < 65 ans et sans facteurs de risque dans les 4 premiers jours après le début des symptômes. Les autres devront être adressés aux laboratoires pour PCR.

Ma dernière info concerne un décret que l’actualité a occulté, mais qui a pourtant toute son importance : il s’agit d’une dérogation au secret médical, pour déclarer une situation de violence, sans l’accord de la victime majeure. Ce n’est pas une obligation, et ne peut se faire que s’il existe un danger immédiat grave, et que la victime est sous l’emprise de son agresseur, comme nous l’explique le Conseil de l’Ordre. Concrètement, il faut écrire un mail au procureur ou à la Permanence du Parquet.

Voilà, ce Point Hebdo est dense, à l’instar de l’actualité. L’hiver s’annonce chaud pour les médecins.

Je vous souhaite une bonne semaine.

 

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