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Numerus clausus

Publié le 7 décembre 2011, par Jean-Paul HAMON

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Hausse du numerus clausus

L’annonce par le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Santé, Xavier Bertrand, fin novembre 2011, de son intention d’augmenter le numerus clausus pour éviter une pénurie de praticiens dans dix ans, ne fait pas l’unanimité. Les syndicats d’internes y sont opposés, les doyens des universités s’interrogent et les médecins estiment que l’urgence est aujourd’hui ailleurs.

En réalité, explique Jean-Hamon, président de la Fédération des médecins de France, « on a tous été surpris par cette annonce, parce que Xavier Bertrand n’est pas nouveau dans le domaine de la santé. Il connaît exactement le problème, il sait qu’un étudiant qui arrive en première année passe sa thèse seize ans après et s’installe en moyenne vingt-deux ans après. Donc, on est reconnaissants qu’il pense à 2033, mais ce n’est pas la solution. On sait depuis un certain temps que les capacités d’enseignement sont largement dépassées, c’est-à-dire que l’on ne peut pas décider d’augmenter le numerus clausus sans augmenter les capacités d’enseignement. J’ai ici deux communiqués des internes et des doyens qui disent : ’Arrêtons d’augmenter le numerus clausus, on n’a pas les capacités d’enseignement’. Actuellement, en faculté, vous avez un professeur qui enseigne à un amphithéâtre plein et a un écran. Donc, vous avez des étudiants devant un écran, cela ne favorise pas l’enseignement et cela ne favorise pas le dialogue ».

Par ailleurs, « j’entends parler d’erreur, mais l’erreur tragique est de constater l’effondrement de la démographie libérale et de ne rien faire. Il y a encore six ans, en 2006, sur 100 médecins diplômés, 14 s’installaient en libéral ; cette année, 7. L’urgence n’est pas d’augmenter le numerus clausus qui portera ses fruits dans trente-trois ans, l’urgence est de revaloriser la médecine libérale », affirme le président de la FMF.

Selon notre invité, la médecine libérale souffre actuellement de plusieurs maux. « D’abord », souligne-t-il, « les revenus des médecins libéraux sont dans la moyenne des médecins tchèques. Les seuls qui atteignent la moyenne européenne sont les radiologues et les biologistes, que l’on taxe régulièrement parce que l’on estime qu’ils gagnent trop. Ensuite, on voit les contraintes administratives et le harcèlement administratif de la caisse de l’assurance-maladie. Alors, on a, bien entendu, dit qu’il y avait des simplifications administratives. En fait, la vraie urgence est de redonner les moyens d’avoir des salariés au service des médecins libéraux. Aujourd’hui, en France, la médecine libérale emploie 0,4 salarié par médecin, alors qu’Europe, ils ont en moyenne 2,4 salariés. Il y a donc des marges considérables à dégager si, au lieu d’annoncer l’augmentation du numerus clausus, on annonçait une éducation de l’usage de l’hôpital aux patients ».

Chaque année, en France, on comptabilise « quatorze millions de passages aux urgences hospitalières qui n’ont rien à y faire. Cela coûte 3 milliards (d’euros) à la collectivité, et à chaque fois que vous y allez, cela coûte 230 euros. La personne ne paie rien, mais cela coute 230 euros à la collectivité. Nous, nous disons : ’Stoppons cela. Eduquons le patient aux bons usages de l’hôpital, récupérons ces 3 milliards et mettons-les sur la médecine de ville, ce qui permettra d’embaucher 50 000 personnes », déclare Jean-Paul Hamon.

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