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Les médecins français manquent de formation à la santé publique

Publié le 26 avril 2020, par Bernard Elghozi

Le modèle allemand me semble interessant, moins de lits d’hospitalisation, plus de lits de réanimation, une organisation territorialisée et une prise en charge des patients COVID 19 assurée majoritairement par les médecins généralistes en ville.

Pourquoi pas nous ?

Parce que nous souffrons d’un système de santé avec arbre décisionnel hyper-centralisé, hospitalocentré et d’une médecine de ville incapable de s’organiser.
Les médecins de ville n’ont ni la culture, ni le savoir-faire nécessaires pour contribuer à construire ensemble la réponse à une crise.

La santé publique … ils n’en ont, en général, qu’une vague idée … pas la compréhension des modèles, pas les pratiques.

Ils n’ont ni la formation, ni la reconnaissance, ni la valorisation pour fonctionner comme des acteurs de santé publique. Ils sont modelés comme « opérateurs/distributeurs de soins payés à l’acte ».
Leur implication (assez limitée, et plutôt déléguée pour d’assez légitimes raisons d’organisation de distribution de matériel au binôme toujours centralisateur ARS/Ordre) dans les « covidromes » n’est que le signe de leur incapacité à s’organiser collectivement face à l’épidémie annoncée … et si la vague attendue n’est pas arrivée à submerger l’ambulatoire, elle a atteint directement, de plein fouet et en première intention, l’hôpital, débordant rapidement les unités d’urgences et les services de réanimation.

Tout cela correspond au résultat de l’incapacité de notre système de santé à s’adapter en articulant intelligemment, et sur chacun des territoires, ville et hôpital. Une vraie réforme structurelle du système de santé, réclamée depuis si longtemps, qui définirait enfin de façon coordonnée, les rôles et les missions de la ville et de l’hopital et redistribuerait les moyens en fonction des besoins sera, selon moi, un passage obligé.

Et demain ?

Les CPTS et les GHT seront-ils capables ensemble de changer la donne, de faire changer d’abord les représentations et permettre que se construisent, en associant les acteurs de la ville et ceux de l’hôpital
et du médico-social, de nouvelles pratiques coopératives sanitaires et sociales ?

Je n’en suis, hélas, pas persuadé…

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