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Jean-Paul Hamon (FMF) contre les « miettes conventionnelles »

Publié le 27 juin 2011, par Jean-Paul HAMON

Dans un contexte de reprise des négociations conventionnelles entre l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), les syndicats médicaux et l’Union nationale des organismes d’assurance-maladie complémentaire (Unocam)le président de la Fédération des médecins de France (FMF" data-scaytid="3">FMF), le Dr Jean-Paul Hamon, a fait part, dans une tribune syndicale, de son inquiétude sur l’issue de ces négociations.

Le déficit de la branche maladie est de 12 milliards d’euros. « Tout le monde s’accorde pour dire qu’il y a des possibilités de réduire considérablement ce déficit, mais curieusement, le gouvernement qui affiche une volonté réformiste tous azimuts est frappé d’un immobilisme consternant devant le déficit de la sécurité sociale », soutient-il.

D’après le président de la Fédération des médecins de France, la régulation de l’accès à l’hôpital éviterait 12 millions de passages qui ne relèvent pas des urgences hospitalières et permettrait d’économiser trois milliards d’euros. Le coût du médicament ramené au niveau de l’Allemagne permettrait 8 milliards d’euros d’économies. Et l’amélioration des frais de gestion de la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) et des Mutuelles dégagerait également 3 milliards d’euros de marge. « Cette évidence n’incite pourtant pas nos parlementaires à modifier l’accès à l’hôpital ni à donner les moyens au directeur de la Cnamts, Frédéric van Roekeghem, de fixer le prix du médicament en lui donnant la majorité au sein du Comité économique des produits de santé », signale le Dr Hamon.

Le directeur de la Cnamts a en effet souligné qu’un comprimé de statine coûte 14 centimes en Allemagne et 44 centimes en France. « Mais il assure n’avoir aucun moyen de changer les choses justement parce qu’il n’a pas la majorité au Ceps », déplore le Dr Hamon. Il reproche également à la Mutualité, « du haut de ses modestes 25 milliards de chiffre d’affaire et de ses considérables 15 % de frais de fonctionnement » de vouloir contraindre les médecins à signer des conventions individuelles directement avec elle.

 

Défendre la médecine libérale

C’est dans ce contexte où « les deux principaux interlocuteurs des syndicats médicaux affichent soit leur impuissance, soit leur arrogance, que s’ouvrent les négociations conventionnelles où on l’aura compris il n’y aura que des miettes à négocier », regrette le président de la FMF. Et d’ajouter : « Ces quelques miettes qui ne remettront pas les revenus des médecins au niveau de leurs collègues européens, loin s’en faut, la Cnamts s’apprête à les négocier chèrement, voulant imposer aux médecins une prétendue rémunération à la performance source de conflits et prétexte au non paiement. »

De fait, la FMF exige « un sursaut gouvernemental pour dégager les marges nécessaires à un renouveau d’attractivité de la médecine libérale ». Le syndicat minoritaire, qui ne peut signer seul la convention médicale, s’interroge également devant la persistance « de ces pseudo négociations où tout est décidé ailleurs » et devant « la passivité des médecins qui assistent en silence au massacre de la médecine libérale et à la désaffection des générations montantes. »

Le Dr Hamon tient également à alerter la profession sur les déplaquages précoces et la non-installations des nouveaux diplômés qui sont une deuxième composante significative de la désertification libérale. En 2005 lors de la dernière signature conventionnelle il y avait encore 14 médecins diplômés sur 100 à choisir le secteur libéral, contre moins de neuf en 2011. « Si la convention 2011 ne rétablit pas plus l’attractivité de la médecine libérale que celle de 2005, c’est sa mise en déshérence définitive qui sera promulguée », prévient-il.

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