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Je ne suis pas médecin du travail.

Publié le 12 décembre 2020, par Pascal Charbonnel

Il n’y a pas assez de temps médical de généralistes. C’est tellement vrai qu’on veut nous coller des assistants.

Je suis médecin agréé et on essaie de me refiler toutes les merdes administratives que l’absence de médecine du travail ne comble pas : les reprises à mi-temps, les aptitudes après grossesse, les surveillances des postes à risques, etc...

C’est un boulot et je ne suis pas compétent, et je n’ai pas envie de l’être.

Et je n’ai pas envie d’arranger le patronat ou les syndicats qui sacrifient les salariés en situation difficile. Ce n’est ni l’honneur de la profession ni autre chose qu’un trompe-l’oeil

Depuis des années, ils ont délégué ce qu’ils ont pu aux infirmières avec une baisse qualitative incroyable.

On pourrait aussi dire qu’il n’y a pas assez de temps de médecin scolaire et les gamins en difficultés dans les quartiers difficiles n’en voient pas un durant tout le primaire. On va aussi faire la médecine scolaire sous ce prétexte ? En quoi la médecine du travail serait-elle plus importante que la médecine scolaire ????

Une fois qu’on aura bouché tous les trous, ils auront gagné : on fera les soins non programmés sur les plate-formes des assurances et la médecine générale aura disparu. Les patients seront soignés par les hospitaliers, des IPA et des DAC.

Qu’on nous laisse faire notre travail de médecin généraliste, de médecin de population, de médecin de territoire.

Notre ego collectif est flatté parce qu’on récupère un marché, qu’on pense qu’il va être bien payé (et on se fera avoir ni plus ni moins que d’habitude) sous prétexte qu’on paie une blinde pour nos salariés. Qu’est ce que vous croyez, vous ne les voyez pas, les organismes patronaux qui vont négocier nos tarifs à la baisse. Quand on connait la virulence de la profession, je vous parie la visite de médecine du travail à 35 euros dans cinq ans, avec un paquet d’obligations réglementaires.

"Même pas peur".

J’aurais préféré "même pas en rêve".

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