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COVID-19, les professionnels de santé libéraux sur exposés

Publié le 2 mars 2020, par Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP

En première ligne et avec une protection limitée alors que l’épidémie s’étend sur toute la France avec plusieurs foyers « clusters » autochtones ne permettant plus de se référer au critère de « séjour en zone d’endémie  » !

Devant un patient suspect (toux, fièvre, à fortiori dans une zone cluster ou après un contact contaminant) le Professionnel de Santé (PS) libéral de premier recours qu’il soit MG, IDE, Kiné, biologiste, ne va disposer que d’un masque chirurgical pour se protéger (alors qu’il est censé protéger l’interlocuteur en face de lui), efficace nous dit le ministère si le patient porte également un masque chirurgical (quel niveau de preuve ?) ; mais ces masques chirurgicaux ont une durée d’efficacité corrélée à leur humidité rendant nécessaire leur échange régulier… Avec cette double protection autant aléatoire que risquée pour le PS on oublie définitivement les consignes de la grippe H1N1 : masque FFP2 et lunettes ?

Cette situation est liée à la pénurie en masques protecteurs FFP2 au niveau mondial car essentiellement produits en Chine, après des années de ruptures récurrentes de molécules à la fabrication délocalisée en Asie dénoncées par les PS et qui aurait du alerter les pouvoirs publics sur les risques d’une telle dépendance commerciale en matière de santé publique.

Les masques FFP2 n’arriveront en France que fin mars et le risque actuel est bien celui de la contamination rapide des PS exposés en 1è ligne, pas forcément grave pour leur santé, quoi que la moyenne d’âge des généralistes les place dans une zone à risque plus important. Mais après un diagnostic positif chez un patient, la conséquence sera l’isolement du PS en quarantaine et son retrait de l’activité de soins sachant que la situation en temps normal est déjà tendue pour les soins de 1er recours !

L’URPS médecins Auvergne Rhône-Alpes suggère l’utilisation de la télé consultation (TC) chaque fois que cela est possible et notamment pour les médecins placés en confinement. Elle rappelle que le GCS SARA dont elle est adhérente met à disposition de TOUS les PS de la région un outil gratuit de TC : celui-ci permet à un médecin de réaliser une TC avec un patient équipé d’un ordinateur muni d’une caméra ou d’une Tablette/Smartphone après avoir téléchargé l’application eConsult Sara.
Dans cette situation d’urgence à agir, et avec le souci de limiter les déplacements des médecins et des patients, nous demandons à l’assurance maladie de tenir compte des exceptions au parcours de soins de l’avenant n°6 à la convention permettant la prise en charge des TC y compris hors parcours.

Enfin, l’indemnisation des professionnels libéraux en cas de quarantaine imposée pose également des questions pour lesquelles nous attendons des éclaircissements :

  • Sera-t-elle versée par les CPAM ou le régime de prévoyance qui est la caisse de retraite des professionnels de santé (CARMF pour les médecins),
  • Son montant parait insuffisant pour nombre de cabinets et ne tient absolument pas compte de la diversité des situations d’exercice (il ne couvre même pas les frais fixes dans la plupart des cas). Nous suggérons de se référer au bénéfice (BNC) de l’année N-1 / 365 x 14 pour 14 jours d’arrêt ; par exemple pour le bénéfice moyen d’un généraliste de 60K€ le montant de l’indemnité serait de 165 € / jour net d’impôts.
  • Enfin il ne doit pas y avoir de jour de carence.

L’URPS médecins Auvergne Rhône-Alpes (AuRA) dont je suis l’un des 80 élus reste à la disposition de tous les PS de la région AuRA pour toute information complémentaire y compris en matière de TC.

Tél : 04 72 74 02 75
urps@urps-med-aura.fr
https://www.urps-med-aura.fr/

Portail du GCS SARA : https://www.sante-ra.fr/ :

Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP, Lyon 3è, CELLULE JURIDIQUE FMF





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