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Le TÉLÉ SUIVI des insuffisants cardiaques, c’est efficace !

Publié le 20 mai 2018, par Marcel GARRIGOU-GRANDCHAMP

j’enfonce sans doute une porte ouverte, mais une récente expérience personnelle vient encore d’attirer mon attention sur l’intérêt du télésuivi, tant pour les patients que pour le système de santé.

Semaine passée, je suis appelé par le CAM1 de la CPAM du Rhône pour assurer la visite à 1 semaine du retour à domicile d’un de mes patients qui est sorti d’un service de cardiologie éligible au programme PRADO2 « insuffisance cardiaque »
Le patient qui est insuffisant cardiaque depuis plusieurs années, en ACFA, est suivi de façon conjointe par un cardiologue et un MG. Il vient de présenter une poussée d’insuffisance cardiaque accompagnée d’une IRC3 et a été hospitalisé à la demande du cardiologue.

Il se trouve que ce patient faisait partie de la cohorte dont j’était le médecin expérimentateur en binôme avec le docteur Olivier RASPADO pour le programme PASCALINE de l’ARS Rhône-Alpes (Territoire de Soins Numériques) et que pendant les 15 mois où il a bénéficié d’un télésuivi de la charge hydro-sodée (pesée quotidienne) toutes les amorces de décompensation ont été corrigées de façon précoce évitant une hospitalisation. Le programme s’est achevé le 31/12/2017, le patient a décompensé au bout de 5 mois.
N’étant pas le demandeur de l’hospitalisation, pas de CR4 pour le MG, il a été adressé au cardiologue, heureusement une copie était dans le dossier PRADO, ainsi qu’un carnet de suivi (papier) qui m’est apparu un peu « ringard » et peu conforme aux préconisations du RGPD5 (qui vient d’entrer en application ce mois-ci) en comparaison de ce que nous faisions pour TSN avec une plateforme bénéficiant d’un hébergement agréé « données de santé » chez IDS, des accès pour les professionnels de santé avec une authentification forte et une traçabilité... des accès sécurisés pour les patients qui le souhaitaient.

Pourtant il s’agissait d’un patient informé, mais sans doute a-t-il relâché la surveillance des apports sodés, des pesées quotidiennes… Sous TSN il était appelé et remotivé (merci à Maëly qui assurait cette activité essentielle) s’il oubliait de se peser. Elle me signalait également les dépassements de limites ce qui me permettait d’adapter le traitement avant la décompensation et l’IRC.

Fort de notre constat, nous avions rencontré les responsables de l’assurance maladie au niveau local (CPAM), régional (ERSM6), et national où nous avions présenté ce travail à Nicolas REVEL. Localement nous avions proposé un PRADO + en rajoutant un télésuivi par objets connectés et plateforme de surveillance, qui , selon nous, augmentait considérablement l’efficience du dispositif.

Pour ce patient la dernière décompensation est à l’origine d’une IRC avec une perte de DFG7 de l’ordre de 50%, je l’espère temporaire.

Le télésuivi est toujours du domaine de l’expérimentation et du programme ETAPES, dommage que les responsables ne le banalisent pas en le nomenclaturant ce qui permettrait son décollage avec de substantielles économies à la clé. Dans notre région CARDIAUVERGNE a évalué celles-ci à 5 000 € par an et par patient sans parler du confort de rester chez soi pour y être traité.
L’explosion des cardiopathies ischémiques liées au surpoids et au diabète va confronter le système de santé à une forte augmentation des décompensations cardiaques et de leur gestion dans le cadre des urgences.

Toute initiative permettant d’éviter ces décompensations parait donc intéressante et nous allons essayer en région Auvergne Rhône-Alpes (AuRA) de prolonger ces expérimentations de télésuivi en attendant la banalisation d’un dispositif national reconnu par l’assurance maladie.

Dr Marcel Garrigou-Grandchamp, élu URPS AuRA

1 CAM : Correspondant de l’Assurance Maladie

2 PRADO : Programme de Retour À DOmicile

3 IRC : Insuffisance rénale Chronique

4 CR : Comptre Rendu

5 RGPD : Règlement Général pour la Protection des Données.

6 ERSM : Échelon Régional du Service Médical

7 DFG : Débit de Filtration Glomérulaire

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